La première décennie du XXIe siècle a profité au canton de Vaud. Sa population, qui dépasse désormais les 710000 résidents, a grandit comme nulle part ailleurs en Suisse.Et cela devrait continuer, calculent les experts. De 2000 à 2010, on a comptabilisé 92200 habitants supplémentaires, soit 15% de plus. En comparaison, la population du pays a crû de 9% pendant la même période. Elle s’établit à près de 8 millions de personnes.

Ce boom démographique ne va pas sans provoquer quelques tensions. La pénurie de logements et des infrastructures débordées animent les débats. L’Arc lémanique tout entier prend la mesure des problèmes générés par un tel développement. En même temps, la crainte d’un ralentissement, voire d’un arrêt, obsède de plus en plus les esprits. Les menaces de pertes d’emploi chez Novartis, Kudelski ou Bobst alimentent ces peurs.

Une publication de Statistique Vaud revient aujourd’hui sur cette progression exceptionnelle. Sans égaler les pourcentages records des années 60 - +18% -, cette dernière est le fruit d’une conjoncture économique favorable et de la libre circulation avec l’Union européenne, expliquent les chercheurs vaudois. Autrement dit, l’augmentation est dû largement aux flux migratoires. Et ce sont surtout les ressortissants français et portugais qui sont venus s’établir dans le canton. Le vieillissement des baby-boomers de l’Après-guerre, ajoutent-ils, a contribué également à cette croissance hors norme.

Deux districts ont prospéré par-dessus les autres. Celui de Nyon à l’ouest et du Gros-de-Vaud au nord. Tous les deux affichent des taux supérieurs à 20%. Les statisticiens attribuent ces courbes spectaculaires à la saturation de Lausanne et Genève. En revanche, les régions périphériques, voire montagnardes, de la Vallée de Joux et du Pays-d’Enhaut se sont contenté de hausses plutôt maigres de 4%.

L’essor globale a été stimulée principalement par l’évolution vigoureuse de la population étrangère. La proportion passe en dix ans de 26% à 30%, malgré des naturalisation par milliers. C’est dans l’Ouest lausannois que la mixité est la plus frappante, notent encore les chercheurs, avec 43% d’étrangers. Parmi ceux-ci, huit sur dix proviennent de pays européens.

Le vieillissement de la population marque le canton comme partout ailleurs. L’espérance de vie est toujours à la hausse: 80 ans pour les hommes, 84,5 pour les femmes en 2010. La part important d’étrangers entre 30 et 50 ans, la moitié de l’effectif, nuance cependant la portée du phénomène qui concerne principalement les Suisses.

Sans surprise, les personnes âgés peuplent plutôt les périphéries du canton, loin des centres urbains. Les actifs et les plus jeunes courent les villes et les environs des grandes écoles. Les familles cherchent plutôt le calme et la verdure dans les zones médianes, entre campagne et agglomérations.

A l’état civil, enfin, les célibataires augmentent, les mariages diminuent et les divorcés remplacent les veufs. Les naissances, longtemps en chute libre, ont repris des couleurs à partir de 2003. 2010 et ses 8129 bébés «rejoint presque le record de 1991 avec 8186 nouveau-nés.