Vaud

Le Grand Conseil s’offre un nouveau parlement

Malgré une large majorité favorable au projet, un référendum menace la réalisation de l’ouvrage

Les élus vaudois ont plébiscité leur nouveau parlement. Rosebud, le projet architectural retenu, hébergera le Grand Conseil dès 2014. Ce feuilleton qui, non sans polémiques, dure depuis des années, semble promis à une fin heureuse. Mais la menace d’un référendum plonge le dossier dans l’incertitude.

Le nouveau bâtiment devrait se dresser sur les ruines de l’ancien, au cœur de la Cité lausannoise. Un incendie avait détruit en 2002 l’œuvre, alors en rénovation, d’Alexandre Perregaux, érigée au début du XIXe siècle. Après une large concertation menée par le ­Département des infrastructures, dirigé par le Vert François Marthaler, le gouvernement a décidé de reconstruire sur place le parlement, sans cependant le reproduire à l’identique.

Mardi, les députés ont donc voté, en première lecture, un crédit d’ouvrage de 15,5 millions. Malgré le score net – 115 oui contre 3 non et 9 abstentions lors du vote d’entrée en matière –, la discussion a été nourrie. L’éloquence des orateurs a fait merveille. Même si certains à gauche ont noté que le nouveau parlement n’obsède pas les Vaudois, préoccupés plutôt par la pénurie de logements ou les cadeaux fiscaux.

Procédures verrouillées

Les rares adversaires de Rosebud – un radical, un UDC et un Vert libéral – ont évoqué l’impossible oui populaire face à une architecture «irrespectueuse de l’acropole de la capitale vaudoise». Les mêmes ont également contesté des procédures verrouillées qui laissent peu de place au débat démocratique.

La couleur et la matière du toit du nouveau bâtiment, que ses détracteurs comparent à un «casque», ont alimenté la confrontation. Communiqué à la sauvette, le choix de l’«acier inox étamé» – de l’étain –, avait suscité un tollé au début de l’année. Et ravivé la controverse qui paraissait assoupie. Un amendement réclamant l’utilisation de tuiles, «plus conformes à l’allure de la Cité», a été finalement refusé, coupant court à l’affrontement.

Le deuxième débat la semaine prochaine ne changera pas le résultat. Pour le plus grand bonheur de François Marthaler. Le magistrat quittera le Collège à fin juin et souhaitait léguer au canton, en guise d’adieu, un nouveau parlement.

Attendu, le vote favorable à Rosebud annonce aussi le lancement d’un référendum. Le Mouvement pour la défense de Lausanne (MDL) serait en première ligne. Le Centre patronal suivrait, accompagné de quelques élus hostiles, des Lausannois surtout.

Publicité