Mardi, au Grand Conseil vaudois, les députés de tous bords ont discuté de l’idée de créer pour la troisième fois en vingt ans (la dernière remonte à 2003, lors de la recapitalisation de la BCV) une commission d’enquête parlementaire (CEP). Cette requête prend pour départ le courrier d’une soixantaine de détenus de la prison de la plaine de l’Orbe, envoyé en août dernier, suivi d’une missive signée par huit anciens employés de Bochuz, la plus grande prison du canton, soulignant eux aussi des problèmes de communication et de conditions de détention.

Pour certains, il ne s’agit que d’un «coup politique» de l’UDC visant à déstabiliser la ministre verte Béatrice Métraux, chargée des Institutions et de la Sécurité. Car, s’agissant de la surveillance des prisons, une commission de gestion et une commission des visiteurs enquêtent déjà.

Pour les autres, les conditions de détention sont une «cocotte-minute qui explose à intervalles réguliers», et le «manque de gouvernance» dans le monde carcéral rend nécessaire un outil tel que la CEP. Au bout de trois heures de prises de position et de débat au sein de l’hémicycle du parlement vaudois, la conseillère d’Etat responsable du dossier a relevé que «le domaine pénitentiaire est un domaine qui passionne, voire qui fascine» et que la prison est «un lieu de combats idéologiques, où les idées de la justice sont variées».

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Si la grande majorité des députés, ainsi que Béatrice Métraux elle-même, a reconnu le besoin de nouvelles places de détention, la gauche, le centre, le Conseil d’Etat et une partie du PLR ont appelé à rejeter cet outil d’enquête «disproportionné». Au moment du vote, par 82 voix contre 45 et 10 abstentions, le parlement a refusé de doter le canton d’une telle commission.

Les Verts appellent désormais à aller de l’avant: «Il serait grand temps de voter les investissements nécessaires pour faire face au nouveau droit des sanctions et ainsi créer urgemment davantage de places d’exécution de peine, et finalement investir les fonds maintes fois promis – notamment les 279 millions annoncés en juin dernier par le conseiller d’Etat Pascal Broulis pour remplacer la prison actuelle du Bois-Mermet par un nouvel établissement de 410 places», écrivent-ils dans un communiqué.

Le PLR Marc-Olivier Buffat promet quant à lui de déposer une motion au Grand Conseil pour créer de nouvelles cellules de courtes peines et de détention préventive.