Les autorités vaudoises ont apporté mardi un soutien déterminé aux employés de Novartis dans leur lutte contre la fermeture du site de Nyon-Prangins. Le Grand Conseil a adopté une résolution à l’unanimité. Le gouvernement s’est aussi montré décidé à sauver les emplois.

«Le Grand Conseil soutient les démarches du Conseil d’Etat et des autorités régionales visant à maintenir le site de Novartis à Nyon et les places qui y sont liées», dit notamment le texte présenté par le groupe socialiste. Sur les 132 députés présents, aucun ne s’y est opposé et un seul s’est abstenu.

Il est particulièrement choquant qu’une entreprise très largement bénéficiaire liquide un site très profitable, ont souligné plusieurs orateurs. Ils ont espéré qu’après les annonces de suppression de postes par Kudelski lundi et Credit Suisse mardi, le mouvement cesse.

Rencontres agendées

«Le Conseil d’Etat vaudois est déterminé à se battre pour tous les emplois du canton», a affirmé à la tribune Philippe Leuba, ministre en charge de l’économie. Le soutien unanime du Grand Conseil sera précieux dans les négociations avec la direction de Novartis, qui «s’annoncent difficiles». Une rencontre est déjà agendée, a indiqué M. Leuba.

Le gouvernement vaudois a pris contact avec le gouvernement de Bâle-Ville, canton également touché par les coupes annoncées par Novartis. Les deux Conseils d’Etat ont demandé à rencontrer conjointement le chef du Département fédéral de l’économie, Johann Schneider-Ammann. «Nous n’avons de chances d’obtenir des résultats que si nous sommes unis», a conclu M. Leuba.

Personnel mobilisé

Le vote du Grand Conseil a été applaudi par les quelque 200 employés de Novartis présents à la tribune du public et à l’extérieur de la salle. Le syndicat Unia avait affrété trois cars pour les amener en début d’après-midi depuis le site de l’entreprise afin de rencontrer les députés au Grand Conseil.

Avant le début de la séance, une centaine d’élus cantonaux se sont joints aux salariés de Novartis sur la place de la Riponne. Des parlementaires fédéraux vaudois et le conseiller d’Etat Philippe Leuba étaient aussi présents. Les employés leur ont remis des exemples d’emballages des quelque 80 médicaments fabriqués sur leur site, sous 800 conditionnements différents.

Au niveau local, la municipalité de Nyon a fait part mardi de «sa consternation». Elle s’est déclarée pleinement solidaire de la commune voisine de Prangins. La décision de Novartis touche toute la région, souligne l’exécutif. Les 320 emplois supprimés sur le site s’accompagnent de la délocalisation de 300 autres postes, sans compter des dizaines de personnes touchées comme sous-traitants.