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Les trois sortants PS Laurent Kurth, Monika Maire-Hefti et Jean-Nat Karakash à Neuchâtel, ce dimanche 2 avril 2017.
© JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Scrutin

Le grand paradoxe électoral neuchâtelois

Dans le canton de Neuchâtel, le peuple plébiscite l’équipe en place, tout en refusant les réformes qu’elle propose. Pour les sortants reconduits, le plus dur reste à faire

Lorsqu’en septembre 2016, les cinq ministres neuchâtelois en place – trois socialistes et deux PLR – ont annoncé qu’ils brigueraient tous un nouveau mandat, ils ont tué dans l’œuf toute velléité d’opposition, surtout là où elle aurait pu être la plus dangereuse: à droite, au PLR et à l’UDC. Lors du premier tour de ce 2 avril, le peuple neuchâtelois a donné sa bénédiction à cette forme de «grande coalition». Il salue la paix retrouvée au sein du collège, lui sait gré de former une équipe unie. Les inimitiés entre «camarades» socialistes, l’affaire Hainard, le burn-out d’Yvan Perrin: le citoyen a tourné ces pages houleuses qui ont beaucoup terni l’image du gouvernement ces dix dernières années.

A ce sujet: Les Neuchâtelois optent pour le statu quo et le retour à la stabilité

Le Conseil d’Etat fonctionne. C’est heureux! Mais s’il est reconduit – probablement tacitement mardi prochain – dans sa composition actuelle, les ministres doivent prendre conscience que le plus dur reste à faire.

Car rien n’indique que Neuchâtel soit en passe de guérir des trois maux que le «docteur» Jean Studer, ancien conseiller d’Etat aujourd’hui président du conseil de la Banque nationale suisse, a un jour diagnostiqués: «Le conservatisme, le clientélisme et le régionalisme.» Après la votation du 12  février dernier sur le dossier hospitalier qui a mis le feu à toute la république, on est même tenté d’ajouter: ce canton est «plus que jamais» rattrapé par ses vieux démons.

Tout au long de la législature, le Conseil d’Etat s’est voulu rassembleur et l’a répété mille fois: il veut faire de ce canton un seul espace. Il n’y est parvenu que sur un thème: la mobilité 2030, plébiscitée par le peuple en 2016. Sur tous les autres dossiers, c’est l’échec – les hôpitaux – ou du moins sa perspective. Il y a fort à craindre que le projet d’hôtel judiciaire à La Chaux-de-Fonds, contesté par un référendum, soit rejeté en votation. Quant à la vision d’une circonscription unique supprimant les six districts, on peine à y croire après ce qui s’est passé le 12  février.

C’est tout le paradoxe du résultat du premier tour: le peuple fait confiance à l’équipe en place, mais il ne la suit pas sur les réformes qu’elle lui soumet.


Notre récit: A la Chaux-de-Fonds, derrière la grogne, pointe une formidable énergie

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