Cette fête, on le sait, ne mobilise guère ceux des Suisses qui n'ont plus le goût des feux d'artifice. Et malgré l'éclat symbolique du chiffre, ce 1er Août 2000 n'aura pas spécialement brillé, les orateurs ayant préféré ressasser les éternelles imageries de circonstance. Ces célébrations ont toutefois souffert de quelques aspérités locales: ainsi, sur la plaine du Grütli, le conseiller fédéral Kaspar Villiger a-t-il été hué par quelque 150 extrémistes de droite voulant montrer qu'«ici loge l'opposition nationale». Le drapeau flottant sur ce même Grütli avait auparavant été remplacé par celui de l'UE par des rigolards de l'autre bord politique. A Ponte Chiasso, l'abbé Cornelius Koch organisait dans les égouts une fête alternative en faveur des réfugiés, tandis que Steinmaur (ZH) a connu une nuit agitée par des tagueurs contestant la venue de Christoph Blocher. Ces vaguelettes n'ont pas ébranlé l'optimisme du président de la Confédération Adolf Ogi, qui, dans son allocution officielle, a assuré que «la Suisse existe», mieux, qu'elle «va bien». Le Bernois ressent toutefois un manque: «Je rêve d'une Suisse ouverte et active, qui ne soit pas absente des grands débats internationaux». Il «rêve», donc.