La campagne d’Isabelle Moret doit être «boostée», admettait samedi dernier le président du PLR Vaud, Frédéric Borloz, au lendemain de la désignation des trois candidats par le groupe PLR. A moins de deux semaines de l’élection, qui aura lieu le 20 septembre, il est très compliqué d’obtenir des informations sur la traduction concrète sur le terrain de cette déclaration. Confrontés aux questions du Temps, les canaux de communication se sont resserrés, voir refermés, autour de la candidate vaudoise au Conseil fédéral.

Frédéric Borloz lui-même est peu loquace. Un comité de soutien multipartisan verra-t-il le jour, comme à Genève autour de Pierre Maudet? «Beaucoup de gens la soutiennent, de plusieurs partis différents, mais je ne suis pas persuadé qu’elle veuille rendre ça public», répond-il évasivement. «Elle est très motivée, elle est déterminée. Nous sommes optimistes», poursuit le président du PLR vaudois, alors que nous n’avons pas réussi à joindre la principale intéressée.

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Troublant mutisme

L’équipe de campagne de la candidate au Conseil fédéral souffre-t-elle d’aphasie foudroyante? «Merci de bien vouloir nous envoyer vos questions par e-mail», nous demande Barry Lopez, son assistant parlementaire. Notre courriel restera lettre morte. Autre assistant parlementaire d’Isabelle Moret, histoire similaire: Vincent Arlettaz ne se montre pas plus volubile. Interrogé par Le Temps, il confie par SMS, après deux jours sans réponse, «être un peu chargé ces jours.»

Les membres du PLR vaudois disposés à s’exprimer ne paraissent pas non plus enchantés d’aborder le sujet. Sous couvert d’anonymat, il nous est reporté que la dynamique positive en vigueur à Genève ou au Tessin autour des autres candidats n’opérerait pas en terre vaudoise, forçant la candidate à compter davantage sur elle-même.

Suite de campagne mystérieuse

La suite de la campagne d’Isabelle Moret demeure donc mystérieuse. Un mutisme qui pourrait s’expliquer par la recrudescence de critiques essuyées par la Vaudoise cette dernière semaine. Le lendemain de sa désignation, ses compétences étaient publiquement remises en question par Benoît Genecand, PLR genevois, lors de la réunion annuelle du parti à Auvernier. Quelques jours plus tard, lors d’une émission de la RTS, ses propos peu documentés sur l’Union européenne lui valaient une nouvelle salve de critiques. Enfin, à la fin de la semaine, la presse suisse alémanique révélait qu’Isabelle Moret était impliquée dans une procédure judiciaire portant sur la garde de ses enfants, soulevant au passage la question de la compatibilité d’une telle responsabilité avec la fonction de conseillère fédérale.

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