Barrages vides, turbines à l’arrêt, black-out: cette scène apocalyptique n’est pas encore réalité mais la sécheresse pèse déjà fortement sur la production hydro­électrique en Suisse. Chez Groupe E, deux installations, les centrales de Hauterive (lac de la Gruyère) et d’Oelberg (en ville de Fribourg) sont au point mort depuis plusieurs semaines.

La diversité du parc de production des grossistes en électricité s’avère précieuse en période de sécheresse. Les centrales au fil de l’eau et barrages de moyenne altitude comme celui de l’Hongrin dépendent directement des précipitations et de la fonte des neiges. Les centrales d’Alpiq sur l’Aar souffrent par exemple d’un important déficit d’apport.

Ce n’est pas le cas des grands barrages situés à haute altitude, telle la Grande-Dixence, qui sont remplis par la fonte des glaciers. Vu les faibles chutes de neige cet hiver, les températures élevées ont dilapidé les réserves en neige et touchent désormais les glaciers avec un ou deux mois d’avance. Résumé par Pierre Schaer, directeur de Grande-Dixence SA: «Nous mangeons notre carnet d’épargne.»

Les Forces motrices valaisannes (FMV) accusent une baisse globale de 9% sur le budget par rapport à la moyenne multiannuelle des dix dernières années. Perte compensée par l’achat d’énergie à des partenaires, suisses ou européens. Quant au Groupe E, il accuse une baisse de production de l’ordre de 32%, soit 12% de plus que sa couverture de risques, ce qui oblige le producteur à acheter davantage d’électricité sur le marché que d’ordinaire.

«Certains aménagements qui sont alimentés en partie par la fonte des neiges et les pluies enregistrent un déficit qui ne pourra certainement pas être comblé en cours d’année», explique-t-on chez Alpiq. L’été sera déterminant.