A trois mois des élections communales jurassiennes, les états-majors politiques sont en ébullition. D'âpres batailles sont annoncées à Delémont, Porrentruy, Bassecourt et Courrendlin pour ce 26 novembre prochain. Comme le veut la tradition, la mairie de Porrentruy sera disputée. En 1996, l'avocat démocrate-chrétien Hubert Theurillat accédait à la présidence de l'ancienne cité des princes évêques, faisant mordre la poussière aux radicaux, qui occupaient la mairie depuis 1988, pour 27 petites voix. Malgré certaines critiques, émises jusque dans son parti, Hubert Theurillat brigue un second mandat. Face à lui, les radicaux seront présents, non pas avec le député Jean-Michel Conti, longtemps pressenti, mais avec le dentiste et député Carl Bader qui, s'il n'a pas l'aura de Jean-Michel Conti, est un concurrent sérieux; le sortant démocrate-chrétien part tout de même favori. Socialistes et chrétien-sociaux devraient eux aussi être dans la course, avec pour ambition de jouer les trouble-fête.

A Delémont, le socialiste Pierre-Alain Gentil, maire depuis sept ans, ne devrait pas être combattu. La lutte se focalisera sur le rapport des forces entre partis: la gauche ambitionne de reprendre la majorité perdue en 1992, lorsque le PCSI lui avait raflé un siège à l'exécutif. Avec la retraite d'André Chavanne, les chrétiens-sociaux auront du mal de maintenir leurs positions. Pour viser trois des six sièges de l'exécutif delémontain (le septième étant celui du maire), la gauche lance deux listes, l'une de Combat socialiste et du POP, l'autre du PS.

A Bassecourt, le socialiste Jacques Couche doit s'en aller, règlement oblige, après douze ans passés à la mairie. La troisième localité jurassienne, avec ses 3500 habitants, devrait passer aux mains démocrates-chrétiennes, avec une candidature de poids, celle du jeune loup Philippe Receveur, qui avait failli subtiliser à Pierre Paupe le siège du PDC jurassien au Conseil des Etats. La partie n'est toutefois pas gagnée d'avance, les socialistes chercheront à s'accrocher, vraisemblablement avec le conseiller communal Gérald Brahier. Des candidatures radicale – le nom d'Alain Claude est avancé – voire chrétienne-sociale pourraient encore compliquer la donne.

Courrendlin (2500 habitants) sera un autre point chaud. Le maire socialiste Roland Jecker se retire. Le PDC, qui occupait le poste jusqu'en 1992, cherchera à l'emporter. Le PS fera de la résistance, avec comme candidat, l'ancien député Pascal Schindelholz.

Dans les autres grandes localités jurassiennes, on s'achemine vers le statut quo: en plus de ses bastions de la couronne delémontaine, le PS devrait conserver sans mal les mairies conquises de haute lutte en 1996, à Saignelégier avec René Girardin et au Noirmont avec Jacques Bassang.