Les rumeurs et les intrigues vont bon train dans les coulisses des formations politiques. La présidence du PDC ressemblant de plus en plus à un bateau ivre incapable de prendre efficacement en main le remplacement d'Arnold Koller et de Flavio Cotti, d'autres s'en occupent. Les états-majors des partis s'envoient pour l'heure un certain nombre de signaux de fumée. Indépendamment du calendrier officiel qui doit aboutir à la désignation des candidats par la machine démocrate-chrétienne, les grandes manœuvres paraissent sur le point de débuter. La succession des deux conseillers fédéraux démocrates-chrétiens ne se réglera pas uniquement au sein du parti et du groupe.

Une valeur monte très fort à la bourse officieuse des candidats, une autre pâlit. Le Zougois Peter Hess s'impose chaque jour un peu plus comme homme de la situation et futur conseiller fédéral, dans les rangs de son propre parti et dans ceux de toute la droite. Considéré comme l'homme de l'économie, en plus de ses qualités intrinsèques, il a notamment les faveurs des radicaux.

La cote de Rita Roos pique du nez

La cote de Rita Roos, par contre, après avoir bondi à l'ouverture avant même sa cotation officielle, est en train de piquer du nez. La Saint-Galloise n'a pas jusqu'ici réussi à convaincre au-delà de son parti. Les radicaux, surtout, expriment d'ores et déjà de fortes réticences. Elle n'a pas non plus réussi à mobiliser vraiment les femmes derrière sa candidature, particulièrement les femmes socialistes. L'insistance mise à présenter l'élection d'une deuxième femme au Conseil fédéral comme inéluctable pourrait par ailleurs se retourner contre elle. Ses chances sont toutefois loin d'être éteintes.

Mais, le cas échéant, on ne pourrait sacrifier une femme qu'au profit d'un représentant de la Suisse italienne. Un scénario agite en ce moment les rangs radicaux, l'élection de Peter Hess et celle d'un Tessinois. On discerne quelques arrière-pensées derrière ce canevas. Une telle issue barrerait la route au radical tessinois Dick Marty, considéré comme trop à gauche et peu contrôlable par la droite du parti, et ouvrirait un boulevard à la Bernoise Christine Beerli lors de la succession de Kaspar Villiger.

Encore faudrait-il un Tessinois acceptable par la gauche, c'est-à-dire un représentant du centre gauche démocrate-chrétien. Le seul qui réponde à première vue à ces critères est l'ancien conseiller national Fulvio Caccia. L'ennui pour le scénario radical est que celui-ci n'est pas candidat et que le PDC tessinois a désigné officiellement Remigio Ratti. Atteint vendredi soir par téléphone, Fulvio Caccia déclarait au Temps être très heureux à la tête de la Commission de la communication (CoCom). «Le cadre dans lequel se déroule la politique, où il faut passer la moitié de son temps à justifier et à défendre son action, ne m'intéresse plus du tout, assure-t-il, je préfère un travail constructif dans l'ombre et j'invite mes amis radicaux à reporter leur sollicitude sur Remigio Ratti.»

D. S. M.