Le constat est général, à gauche comme à droite de l'échiquier politique: le nouvel exécutif de la Ville de Neuchâtel entré en fonction le 21 mai est porteur d'espoirs. L'arrivée du libéral Alain Ribaux et la rédemption de la socialiste Valérie Garbani (lire ci-dessus) doivent permettre d'insuffler une nouvelle dynamique au sein du collège. De quoi réaliser plusieurs projets attendus alors que se profile le millénaire de la Ville, qui sera célébré en 2011.

Une législature décevante

Les attentes sont d'autant plus grandes que la législature 2004-2008 a été décevante. En cause: une situation financière très difficile. Après plusieurs budgets pompiers qui ont absorbé une grande partie de sa fortune, le chef-lieu a retrouvé les chiffres noirs en 2006. L'équilibre reste fragile. Il doit beaucoup à des recettes fiscales plus élevées que prévu.

Selon Claude Jeanrenaud, professeur à l'Institut de recherches économiques de l'Université de Neuchâtel, le chef-lieu n'a pas résorbé son déséquilibre structurel. «Même si des efforts ont été faits ces dernières années, le nombre d'employés administratifs reste très important, juge-t-il. Ils sont 709, soit presque autant que dans le canton du Jura. Il y a un important potentiel de rationalisation dans ce secteur. Autre souci: la dette par habitant, qui fait partie des plus élevées de Suisse.»

A gauche depuis 1992, l'exécutif a profité du changement de législature pour revoir son organisation interne. Ces dernières années en effet, le désenchevêtrement des tâches initié par le canton a sorti du domaine communal le secondaire 2, les services industriels, les hôpitaux et tout ou partie de la police. D'où un nécessaire rééquilibrage.

Exécutif rebrassé

Ce grand chantier a été complété par une redistribution des cartes au sein du Conseil communal. Dernier venu, Alain Ribaux a hérité des Finances, tenues depuis onze ans par la socialiste Françoise Jeanneret. «Je m'en réjouis, c'est un dicastère très important, juge Caroline Gueissaz, présidente de la section libérale du chef-lieu. D'un autre côté, je constate que la gauche s'en débarrasse en pleine crise des «subprime», alors qu'il y a des incertitudes pour l'avenir. Cela risque de rendre la tâche très difficile.»

La minorité de droite continuera sa croisade pour rendre la Ville de Neuchâtel plus attractive. Elle a déjà organisé plusieurs actions pour lutter contre les tags et les incivilités urbaines. Elle pourrait ouvrir un nouveau front en demandant une baisse de la fiscalité. «C'est une possibilité, mais rien n'est décidé», confie, prudente, Caroline Gueissaz.

Envies de gauche

A gauche, on espère marquer les esprits en réalisant plusieurs grands projets d'ici à 2011. A ce titre, le réaménagement des Jeunes-Rives, cœur d'Expo.02, constitue une priorité absolue. Avec une forte pression sur les épaules de Valérie Garbani, en charge du dossier depuis quatre ans. «Depuis l'échec devant le peuple du premier projet de réaffectation, en septembre 2003, il n'y a pas eu de consensus, regrette Olivier Arni, président du groupe socialiste au Conseil général (ndlr: parlement). La perspective du millénaire devrait permettre aux groupes politiques de voir au-delà des divergences partisanes pour privilégier l'intérêt collectif.»

Autres dossiers prioritaires qui figureront dans le prochain programme de législature: l'entretien du patrimoine bâti de la Ville, l'extension de l'offre de logements à loyer modéré, le développement de structures d'accueil parascolaires ou encore le renforcement de la politique d'agglomération. «Il ne faut pas oublier la promotion économique, reprend Olivier Arni. Avec la fin de l'arrêté Bonny, les conditions-cadres ont changé. C'est un aspect crucial pour le développement du chef-lieu.»