Daniel StauffacherLe groupe de réflexion «GenevaNetwork, composé de 18 personnalités, émet ses recommandations pour assurer la pérennité de la Genève internationale. Daniel Stauffacher, qui fut le délégué du Conseil fédéral pour le Sommet mondial sur la société de l'information, en est le coordinateur.

Le Temps: Votre groupe de réflexion veut «dépoussiérer» l'image de la Genève internationale. Qu'entendez-vous par là?

Daniel Stauffacher: Genève a des atouts énormes, c'est un joyau pour la Suisse. Mais nous vivons de grands changements. Les débats sur les défis majeurs du monde ne se font plus seulement entre gouvernements. Mais dans un partenariat multiple avec les organisations non gouvernementales (ONG), les syndicats, les médias, les universités, le secteur privé.

- Les autorités genevoises ainsi que suisses ont-elles insuffisamment pris la mesure de cette évolution?

- Je pense qu'elles doivent porter une attention prospective accrue aux grands thèmes à venir, pour s'assurer que, le moment venu, ceux-ci seront traités, négociés et résolus à Genève. Nous vivons dans un monde compétitif, d'autres villes organisent des événements, en Chine, ou encore en Corée du Sud. Nous ne pouvons nous reposer sur nos lauriers.

- Concrètement, que faire?

- Participer au mécanisme de définition de ces nouveaux thèmes, en captant les réseaux mondiaux sur lesquels, grâce à Internet, ils se profilent. Etablir pro-activement le contact avec les nouveaux acteurs, si l'on veut être encore dans le coup dans cinq ou dix ans. Sur un autre plan, nous préconisons de mieux «vendre» le travail extraordinaire qui se fait à Genève et qui pourrait être mieux valorisé dans les médias internationaux. Nous devons aussi chercher à pallier certaines faiblesses de Genève comme ville-siège, notamment ses coûts très élevés, et sans doute mieux accueillir les pays en développement et leurs ONG.

- GenevaNetwork, qu'est-ce que c'est, exactement?

- Un réseau justement, pas plus. Ce n'est pas une nouvelle structure. Le groupe doit rester léger et se répartir le suivi de nos recommandations.

- D'autres instances se préoccupent de l'avenir de la Genève internationale. Il y a la Fondation Pour Genève, le délégué cantonal Laurent Walpen, la commission consultative établie par la loi genevoise, un groupe autour du professeur Jean Freymond. Ne risque-t-on pas la pléthore, à tout le moins la confusion?

- Je ne crois pas. Nous rassemblons tout le monde, dans un but de synergie, sans hiérarchie ni concurrence. Chacune des instances que vous citez ne peut tout faire. La Fondation Pour Genève, par exemple, n'a pas travaillé sur la substance. Nous nous réunissons chez Blaise Godet, l'ambassadeur de Suisse auprès de l'ONU, c'est un lieu neutre!

www.genevanetwork.net