Vaud

Grégoire Junod régnera sur Lausanne

Candidat vite désigné par son parti, le socialiste de 40 ans succédera à Daniel Brélaz, qui a dominé pendant 15 années. Les principales villes du canton connaissent désormais leurs syndics, élus tacitement

Il n’y a pas de surprise, mais assumer l’héritage local sera un défi pour le socialiste de 40 ans. A la faveur d’une proclamation tacite, après le dépôt des candidatures fixé à mardi, Grégoire Junod devient syndic de Lausanne. Il a la lourde tâche de succéder à Daniel Brélaz, qui tire sa révérence après 26 ans de municipalité, 15 années à la tête de la Ville. Et qui aura marqué la cité, pas seulement par sa silhouette massive et sa démarche dégingandée dans les rues de la capitale.

Souvent en complicité avec le PLR Olivier Français, happé au Conseil des Etats en octobre dernier, l’écologiste a, entre autres, fait bâtir le M2, développé de nombreux quartiers, et mis au point – non sans retouches – le projet «Métamorphose», un mélange de vastes zones d’habitations aux Plaines-du-Loup ainsi que d’installations sportives. Le tout, au prix de finances communales loin de la bonne forme du canton, et d’un taux d’imposition élevé.

Par ailleurs mari de la conseillère aux Etats Géraldine Savary, Grégoire Junod a vite été désigné candidat presque officiel de son parti, même si le populaire Oscar Tosato ou la municipale aux Finances Florence Germond – qui aurait ramené une figure féminine longtemps après les années Yvette Jaggi – ont eu leurs partisans, eux qui ont dominé l’élection le 28 février, avec un peu plus de bulletins que le nouveau syndic.

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Jusqu’ici, Grégoire Junod s’est illustré dans le domaine de la Sécurité, qu’il a reprise en 2012 à Marc Vuilleumier. Ce domaine anime les débats depuis des années, et la droite a voulu le placer au cœur des débats électoraux de février.

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Confirmation du syndic dans les principales villes vaudoises

De fait, quelques-unes des principales villes vaudoises ont eu, mardi, la confirmation du nom de leur syndic, sans élections. A Montreux, le sortant Laurent Wehrli rempile pour cinq ans. Il cumulera la fonction avec son nouveau mandat de conseiller national. En octobre, il a été douillettement élu à Berne, mettant un temps en péril le siège de Fathi Derder, sauvé par l’élection d’Olivier Français aux Etats.

A Nyon, malgré de récurrentes polémiques urbanistiques, le syndic Daniel Rossellat est aussi renouvelé tacitement. Il est passé dès le premier scrutin du 28 février avec Fabienne Freymond Cantone et Stéphanie Schmutz. Ce premier tour a été marqué par l’éviction surprise de l’écologiste Olivier Mayor. Indépendant à sensibilité de gauche, le patron de Paléo devra composer avec une équipe où la droite est devenue majoritaire.

A Morges, le sortant Vincent Jaques continue dans sa fonction, garantissant le poste au PS. Le premier tour a surpris par le fait qu’aucun des sortants n’a été réélu d’emblée.

A Yverdon, Jean-Daniel Carrard, sortant, est reconduit par la large alliance locale PLR-UDC-UDF et Vert’libéraux. Il a gagné ce siège, déjà tacitement, en janvier 2015, après une élection complémentaire provoquée par la démission du socialiste Daniel von Siebenthal. Le siège de syndic de la grande ville du nord est alors passé à droite.

C’est à Vevey que revient la charge symbolique d’une syndicature verte. Déjà à la fin de la semaine passée, Elina Leimgruber a été choisie par l’équipe nouvellement élue. Cas particulier, la municipalité veveysanne ne possède pas de majorité partisane; outre l’écologiste, elle comprend un socialiste, deux centristes de Vevey Libre et un PLR. Sur ce point, la situation diffère sensiblement de Lausanne.

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