Il est nerveux et impatient. Mais il ne peut plus agir. Pour lui, «la décision est déjà faite». Désormais, Grégory Logean attend. Après une campagne intense, il ne veut plus voir personne d’autre que sa famille. Et surtout pas ces gens qui, partout, tout le temps, ne lui parlent que de ça. A la veille du dimanche électoral, il est en montagne, pour se couper du monde. Dans une semaine, il prendra des vacances.

«J’ai joué avec mes limites, comme les autres», explique le candidat. Parce qu’il croit à son élection comme jamais, il y pense tous les jours depuis des mois. Il aura eu beaucoup de difficultés à concilier la plus grosse campagne de sa vie avec ses obligations professionnelles, ses activités associatives et ses priorités familiales.

Après avoir simulé des projections positives et négatives, noirci des tableaux de calculs, et discuté tous les scénarios avec ses proches comme ses adversaires, il ne sait plus. Il ne peut pas dire si «un trend va s’imposer» ou si «tout se jouera pour quelques voix». Il a une seule certitude, sa liste obtiendra un siège. Ses colistiers sont donc aussi des adversaires : «la différence se fera sur quelques cumuls et quelques coups de crayon».

Ce dimanche, il le passera dans son quartier général, un café qui surplombe Sion. Situé à l’entrée de sa vallée, l’endroit lui a déjà porté bonheur plusieurs fois. Il avoue qu’il attend avec impatience les résultats de sa commune, qui l’avait éjecté de la municipalité il y a deux ans, avant de lui apporter peu après les voix nécessaires à être élu au parlement cantonal. Grégory Logean admet qu’il est sensible à ce que les gens pensent de lui : «On n’est pas jugé très souvent, mais les élections nous disent si nos voisins nous aiment ou pas».