Dans les allées de la Foire du Valais, il serre des centaines de mains tous les jours. Et il est un peu tendu. Deux fois deuxième de sa liste derrière le fondateur de l’UDC valaisanne Oskar Freysinger, Grégory Logean n’avait jamais caressé ses rêves fédéraux d’aussi près. Il rit: «J’y avais cru pendant cinq minutes en 2011, mais il s’agissait d’une erreur. Quelqu’un avait inversé deux lignes sur le panneau qui affichait les résultats.»
Ces derniers jours, Le Matin, L’Hebdo, et Le Nouvelliste l’ont cité parmi les favoris à un siège de conseiller national. Pour le candidat, «les pronostics des médias installent un trend positif, parce que les gens aiment les votes utiles». Il a reçu de nombreuses propositions d’interventions médiatiques pour le 18 octobre. Il avoue que pour lui, «c’est nouveau», et il veut y voir le signe qu’il est devenu «plus fréquentable». Et que sa candidature a une vraie chance de succès.


Entre deux conférences et quelques apéros, Grégory Logean refait constamment ses calculs. Noircir ses petits papiers de chiffres et d’annotations, consultant les résultats de 2011 un village après l’autre, il aime ça. Homme de chiffres, l’économiste compte et recompte les voix de sa vallée, tentant de deviner si les conservateurs démocrates chrétiens lui apporteront des voix. Pour lui, «chercher à comprendre ce qui va arriver est très humain». Dans ses simulations optimistes ou pessimistes, il inclut la famille, la paroisse et le réseau professionnel.


Les savants calculs du candidat se compliquent quand il s’agit de comptabiliser les voix de son propre parti. Sur la liste du Valais central où il figure, deux autres candidats le concurrencent, Jean-Luc Addor et Cyrille Fauchère. Ce dernier aurait la préférence d’Oskar Freysinger. Grégory Logean n’aime pas beaucoup entendre «cette rumeur» dans les travées bruyantes de la Foire du Valais. Il rappelle que le fondateur du parti lui a «manifesté plusieurs fois son soutien publiquement». Pendant une semaine, la tension va encore monter. Qu’importe, il avoue qu’il aime ça.