C’est une épopée superbe, comme on aime les raconter. Elle nous renvoie en 1979, à Bienne. En ce début d’année, quatre gymnasiennes décident d’un acte fort: elles vont boycotter les trois semaines de cours estival d’économie ménagère, qui tendent – selon elles – à renforcer l’oppression de la femme en la confinant dans son rôle de mère au foyer. Très vite, elles seront suivies par un mouvement qui va prendre une ampleur sans précédent.

Parmi ces quatre pionnières, Françoise Tanguy, aujourd’hui professeure de philosophie dans un gymnase lausannois. «Ces cours duraient trois semaines, ils étaient imposés aux femmes dès la rentrée scolaire, se souvient-elle. La pointe de l’iceberg, elle est là. On voulait que ces cours deviennent mixtes et facultatifs.»