La jeunesse s’est de nouveau mobilisée pour le climat vendredi, répondant à un appel relayé dans plus de 1770 villes réparties dans 90 pays. A Lausanne, ils étaient près de 5000 manifestants à battre le pavé, selon l’estimation de la police municipale. Bien que le mouvement semble s’essouffler – on comptait 10 000 «grévistes» lors des précédentes manifestations –, certains ont marché pour la première fois.

Le rendez-vous était fixé à proximité de la gare, à 10 heures. Sur place, les mots «pollution», «énergies», «plastique» et «fonte des glaces» sont sur toutes les lèvres. La centaine de marcheurs scande des slogans en guise d’échauffement. Parmi eux, Laly et Nina, 14 ans, sont venues pour la première fois. «En classe, j’ai fait des recherches sur l’origine de ce mouvement et ça a été un vrai déclic», raconte Nina. «Nous devons faire des efforts, car la situation de notre planète est catastrophique», ajoute son amie.

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Les cours et les images comme déclic

En vingt minutes, la foule emplit la place et les rues voisines. A 10h30, le cortège commence à se déplacer. Pour Julian et Adrien, 18 ans, c’est aussi une première. «C’est important d’être ici, car ces jeunes n’ont pas encore le droit de voter», répond Julian, en désignant les écoliers qui forment l’évidente majorité du rassemblement. «J’ai choisi le climat comme option dans mon cursus. Depuis, une sirène retentit dans ma tête», image Adrien. L’enseignement semble être un moteur. Alison et Bérénice, 13 ans, marchent suite aux discussions avec leurs professeurs. C’est aussi le cas de Kenneth, un Hongkongais de 13 ans.

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Un autre élément déclencheur est le visionnage de vidéos sur la crise écologique. «Le discours de Greta Thunberg à la COP24 a été une révélation», déclare Tracy, 13 ans. «Nous avons vu beaucoup de documentaires sur la destruction de notre planète», indiquent Finian et Calvin, des Américains de 13 ans. Louise, 15 ans, et Hodayia, 14 ans, ont ressenti l’urgence climatique grâce aux vidéos partagées sur les réseaux sociaux. 

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Les jeunes ne sont pas les seuls à être descendus dans la rue. Guy, 34 ans, marche pour l’avenir de sa fille de 2 ans. Anne, 53 ans, a été alarmée par le rapport du GIEC. Monique, 63 ans, veut compenser «les erreurs commises» par sa génération. Et Joëlle, 40 ans, espère que «les jeunes vont réussir à faire bouger les lignes». Vers 11h30, passé la place Saint-François, le cortège marque un arrêt. Des manifestants s’alignent devant une agence de Credit Suisse. Une balle de tennis en main, ils crient: «Roger, fais pas ça, le climat a besoin de toi!» Un slogan pour dénoncer les investissements de la place financière considérés comme incompatibles avec la protection de l’environnement.

Rencontre européenne à Lausanne en août

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En traversant le pont Bessières, un des organisateurs se réjouit du bon déroulé de cette journée: «La grève s’est banalisée. Soit le gouvernement comprend que nous sommes nombreux à demander le changement, soit on devra entrer dans une posture de contrainte. Les slogans sont plus politisés et le mouvement commence à être anticapitaliste.»

La manifestation s’est terminée à midi, place de la Riponne, sur l’air de La Rage, le tube de la rappeuse Keny Arkana. Il s’en est suivi une série de discours, dont l’un annonçant une rencontre européenne des grévistes du climat, à Lausanne, du 5 au 9 août prochain.