La grippe aviaire a beau être aux portes de l'Europe, les autorités suisses ne jugent pas nécessaire d'édicter de nouvelles mesures. En tout cas, pas dans un avenir immédiat. En Turquie, trois enfants viennent de mourir après avoir été contaminés par des poulets malades avec qui ils étaient en étroit contact, «mais il n'y a toujours pas d'indices de transmission possible de la maladie d'homme à homme», ont répété jeudi en chœur Thomas Zeltner, patron de l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) et Hans Wyss, directeur de l'Office vétérinaire fédéral (OVF).

L'inquiétude au sein de la population concernant les cas turcs les a néanmoins poussés à s'exprimer devant la presse. Thomas Zeltner et Hans Wyss qualifient d'ailleurs eux-mêmes la situation turque d'«inquiétante».

En résumé, les volailles suisses peuvent continuer à gambader en plein air (pour autant que le temps le leur permette...), les importations de poulets en provenance de pays touchés restent suspendues et les autorités ne déconseillent pas de se rendre en Turquie ou en Asie du Sud-Est, si les touristes évitent d'entrer en contact avec des volatiles. Les contrôles aux frontières et dans les aéroports n'ont pas besoin d'être intensifiés, aucun cas suspect n'ayant été décelé et la surveillance des oiseaux migrateurs se poursuit.

A ce jour, sur les 1110 oiseaux migrateurs contrôlés, tous étaient négatifs au virus de la grippe aviaire, a précisé jeudi Hans Wyss. Le directeur de l'OVF a confirmé qu'un nouveau confinement des volailles, avec le retour des oiseaux migrateurs ce printemps, ne s'impose pas, un seul «couloir aérien» touchant véritablement la Suisse, celui emprunté par les oiseaux de retour d'Afrique du Nord. Comme déjà annoncé préalablement, l'OVF surveillera en revanche l'état de santé de la volaille suisse détenue en plein air. Deux cent quinze exploitations, choisies au hasard, seront ainsi contrôlées dès ce printemps.

Si Thomas Zeltner et le directeur de l'OVF veulent éviter tout alarmisme démesuré, ils restent toutefois sur le qui-vive en raison de l'approche de la grippe saisonnière: les experts craignent que, combinée avec le virus de la grippe aviaire, elle puisse favoriser la mutation du virus H5N1. Et que la grippe aviaire puisse donc être transmissible d'homme à homme.