La petite place de Tavel, chef-lieu de la Singine et fief d’Urs Schwaller, est passée par tous les états d’âme. D’abord, un immense espoir, au fil des tours de scrutin. Puis une froide déception. Sans un cri, sans réaction sonore. Même pas le moindre applaudissement pour Didier Burkhalter. Des regards vides, des yeux rougis. «Nous y avons cru jusqu’au bout. C’est dur de perdre quand vous avez mené tout au long de la compétition», résume le préfet de la Singine, Nicolas Bürgisser. «C’était une chance unique pour notre région, commente le commandant des pompiers de Tavel, Christian Schmitt, cousin d’Urs Schwaller. Mais ce n’est pas un échec pour Fribourg. Nous avons été victimes du jeu des partis. Urs Schwaller sera peut-être de nouveau en course en 2011».

«Je suis déçu pour la Singine, pour Urs Schwaller et pour le Conseil fédéral, analyse l’ancien conseiller national singinois Paul Zbinden. Urs Schwaller aurait été un leader au gouvernement, il aurait incarné son unité, sa force. C’est à Didier Burkhalter d’incarner cette tâche».

Le même Paul Zbinden estime encore que la question linguistique a joué. «Les parlementaires votent avec leurs tripes, et ils ont peur d’avoir quelqu’un qui ne soit ni francophone ni vraiment alémanique. C’est dommage et c’est une erreur».

Moins d’une demi-heure après le résultat, les 400 personnes réunies sur la place de Tavel avaient quitté les lieux. «La vie continue», relève Joseph Brülhart. «Le canton de Fribourg aura d’autres bons candidats lors de prochaines élections au Conseil fédéral», se console le préfet Bürgisser.