L'élection d'Ueli Maurer ou de n'importe quel autre candidat de l'UDC représentant la ligne dure du parti n'est pas une fatalité. Tel est le message qu'entend faire passer le «Groupe 13», référence à la date de sa fondation, le 13 décembre 2007, au lendemain de l'éviction de Christoph Blocher, et par là même à la force des idées, puisque personne, il y a une année, ne croyait à la possibilité de mettre en échec le ténor de l'UDC. L'existence de ce groupe, qui ne se veut «ni obscur ni secret», a été révélée ce week-end par deux hebdomadaires alémaniques.

Nul n'est surpris d'y retrouver le socialiste zurichois Andreas Gross, infatigable animateur de l'idée d'une petite concordance excluant l'UDC du Conseil fédéral. On trouve à ses côtés plusieurs autres représentants du PS et des Verts, mais aussi des radicaux et des démocrates-chrétiens. Du côté radical, la Zurichoise Christine Egerszegi, la Bernoise Christa Markwalder, par ailleurs présidente du Nomes, le Tessinois Dick Marty et le Soleurois Kurt Fluri en sont. Dans les rangs du PDC, on relève la présence de la Saint-Galloise Lucrezia Meier-Schatz et du Vaudois Jacques Neirynck. Le groupe va voir deux des siens prendre leurs distances en raison de leur élection respectivement à la présidence du Conseil national et du Conseil des Etats, soit la démocrate-chrétienne tessinoise Chiara Simoneschi et le socialiste fribourgeois Alain Berset.

Ce groupe informel s'est réuni à quatre ou cinq reprises dans le courant de l'année écoulée, à l'occasion des sessions du parlement. Andreas Gross dit apprécier ces discussions entre représentants de plusieurs partis, dont aucun ne poursuit d'ambitions personnelles ni ne cherche à se profiler. «Nous avons une responsabilité à exercer après les 12 décembre 2007», commente-t-il. L'ouverture de la succession de Samuel Schmid a bien entendu ranimé l'ardeur des membres du groupe, qui considèrent qu'Ueli Maurer est clairement inéligible. Ils se retrouveront cette semaine à Berne avec l'ambition d'initier la dynamique d'une discussion sur le retour de l'UDC au Conseil fédéral. Ils vont également s'employer à la recherche d'une alternative. Ce qui pourrait s'avérer difficile si le démocrate-chrétien fribourgeois Urs Schwaller refuse de jouer une nouvelle fois les utilités. Andreas Gross affiche toutefois un motif de satisfaction. Par rapport à décembre 2007, les radicaux se sont beaucoup émancipés de l'UDC, constate-t-il.