A l’approche des élections municipales genevoises, le sort des mineurs non accompagnés (MNA) devient un enjeu politique. Depuis plus d’une semaine, ils sont entre 25 et 30 jeunes migrants à occuper jour et nuit le Grütli, avec le soutien de la ville, suscitant l’émoi des milieux associatifs mais aussi de candidats. Accusé de ne pas en faire assez, le Conseil d’Etat réagit en annonçant une série d’actions pour améliorer la prise en charge de ces jeunes en déshérence. Une manière de reprendre la main sur ce dossier en évitant toute instrumentalisation.

Principalement originaires du Maghreb et de ce fait non-candidats à une demande d’asile, une cinquantaine de MNA souvent fragiles et déracinés sont actuellement suivis par le Service de protection des mineurs (ou SPMi). Logés à l’hôtel ou dans des foyers pour majeurs, tous ne disposent pas d’une place d’hébergement adéquate malgré l’ouverture cet automne d’un foyer à Malagnou pouvant accueillir 20 mineurs. Cela pourrait changer dès la fin du mois, selon les déclarations du Conseil d’Etat, qui a décidé d’étoffer le dispositif d’accueil: entre 6 et 12 places d’hébergement d’urgence seront notamment disponibles en partenariat avec l’Armée du Salut. Concernant l’encadrement, un projet pilote avec la Croix-Rouge genevoise devrait permettre à 12 jeunes d’intégrer un programme de formation élémentaire. Les jeunes qui auront démontré «la motivation et la stabilité nécessaires» pourront intégrer des classes d’accueil du secondaire.