Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont annoncé mardi dans un communiqué qu'elles refusaient une médiation de la Suisse dans le conflit qui les oppose au gouvernement en place. Raul Reyes, le chef militaire des FARC, a envoyé un texte au journal télévisé local Noticias Uno, dans lequel il évoque les contacts avec la Suisse. Oui, les FARC maintiennent des «relations politico-diplomatiques» avec la Suisse; non, la guérilla ne veut pas que Berne joue le rôle de médiateur envisagé par le président Alvaro Uribe, y souligne-t-il en substance. Les FARC veulent traiter directement avec le pouvoir en place pour régler le conflit.

Du côté des diplomates suisses, le terme de «facilitateur» a toujours été préféré à celui de «médiateur» ou de «négociateur». Ils manœuvrent en terrain particulièrement mouvant, ont longtemps refusé de confirmer tout contact avec la guérilla et sont plutôt avares en commentaires. Pourtant, la diplomatie suisse a été ces derniers mois plus active qu'à son habitude dans les négociations entre les deux parties. Elle n'agit pas seule. Le gouvernement français joue lui aussi un rôle de facilitateur, de même que l'Eglise catholique colombienne et le CICR.

Rôle fragile

En août, le président colombien avait déjà révélé l'existence de contacts entre les autorités suisses et les FARC, en le disant à Angela Giraldo, sœur d'un des otages des rebelles. La jeune femme lui avait demandé de relancer les négociations pour libérer les otages. La guérilla colombienne rejettera le 23 août le scénario proposé par le président: la libération immédiate de 50 guérilleros contre la remise en liberté de 59 otages des FARC, 22 civils, dont l'ex-candidate à la présidence Ingrid Betancourt, 34 soldats et policiers et trois Américains.

A Angela Giraldo, le président Uribe avait déclaré que des diplomates suisses avaient fait part de sa proposition du 23 juillet aux FARC. Un émissaire suisse aurait rencontré Raul Reyes dans les jungles du sud colombien. Sans donner de détails, Berne se dit toujours disposée à «faciliter un accord pour la libération de personnes privées de liberté, si tel est le souhait des parties». Une discrétion qui s'explique par la fragilité du rôle joué par la Suisse. La récente déclaration des FARC en est une nouvelle preuve.