Genève

La guerre des droites aura bien lieu

Le MCG Eric Stauffer maintient sa candidature aux Etats sur le ticket de la Nouvelle Force, aux côtés de l'UDC Yves Nidegger. La droite dure dit refuser le «marché de dupes» de l'Entente, quitte à offrir les deux sièges à la gauche

Il n'y aura pas de petit arrangement entre faux-amis au sein de la droite genevoise pour le second tour de l'élection au Conseil des Etats. Mais un choc frontal de trois blocs hostiles, avec un avantage certain pour le camp rose-vert. Coup de théâtre mardi dans les locaux du Service des votations. Peu avant midi, les mandataires de l'UDC et du MCG, Eric Bertinat et François Baertschi, sont venus côte à côte déposer la liste de la Nouvelle Force, forte de deux noms: Yves Nidegger pour l'UDC et Eric Stauffer pour le MCG.

Jusque-là, un autre scénario tenait la corde: après le retrait de la candidature du PDC Raymond Loretan, Benoît Genecand resterait seul en lice pour l’Entente et Yves Nidegger représenterait, seul lui aussi, la droite dure. Un scénario favorable au candidat de l'Entente, même sans alliance explicite des droites. C'était sans compter sur le jusqu'au-boutisme de la Nouvelle Force. Qui exigeait, pour renoncer à présenter Eric Stauffer, que la droite élargie fasse campagne commune d'une manière ou d'une autre.

Une exigence refusée par l'Entente, qui a exclu dès lundi toute campagne commune avec la droite dure. Le PDC s'est d'ailleurs montré très clair lundi soir en diffusant un communiqué appelant à voter uniquement (en gras et souligné) pour Benoît Genecand.

Un message de tout évidence trop «arrogant» pour la droite dure. «Nous avons tout fait pour offrir à l'Entente une opportunité extraordinaire d'inverser la tendance. Je me retirais, Céline Amaudruz se retirait si nous faisions campagne ensemble. Nous n'exigions rien de plus. Mais certains caciques du PLR et du PDC n'ont pas compris qu'il fallait saisir cette opportunité. Nous invitons dès lors tous les électeurs de droite à donner un message clair à l'Entente: la droite la plus bête du monde, c'est fini!» Quitte à faire gagner la gauche? «C'est l'Entente qui devra assumer ce scénario, pas moi», répond Eric Stauffer.

Président du PDC genevois, Sébastien Desfayes ne se laisse pas démonter: «Ce coup de dernière minute du MCG et de l'UDC est significatif de ce que nous avons toujours dit: on ne peut rien construire ni développer avec de tels guignols!» Même son de cloche, à peine plus feutré, du côté du président du PLR: «Cette situation démontre que l'Entente est la seule à avoir une attitude responsable, celle de tenir compte de son poids électoral en ne lançant qu'un candidat, analyse Alexandre de Senarclens. Avec pour objectif d'aboutir à une représentation équilibrée des forces politiques genevoises au Conseil des Etats.»

A gauche, ce coup de théâtre est vécu comme une aubaine. «En voilà une bonne nouvelle!”, s'amusait la députée verte Emilie Flamand-Lew sur Facebook, sitôt la candidature d'Eric Stauffer annoncée. Comme pour résumer le sentiment général du camp-rose vert.

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