Guerre des droites et coups bas en Haute-Savoie

Plaintes A l’approche des élections départementales, le duel entre le maire de Saint-Julien et le président sortant du Conseil général pourrait être arbitré par la justice

D’ordinaire plutôt serein et peu enclin à s’enflammer, le débat politique en Haute-Savoie vient de prendre un tournant inattendu. A l’approche des élections départementales de mars, la confrontation entre le divers droite Christian Monteil, président sortant du Conseil général, et le maire de Saint-Julien-en-Genevois, le centriste du MoDem Antoine Vielliard (soutenu par l’Union des démocrates et indépendants), pourrait après les urnes se déplacer au tribunal. Le Dauphiné Libéré a révélé que trois plaintes avaient été enregistrées aux parquets de Thonon et d’Annecy. L’une d’entre elle a été déposée par Antoine Vielliard. Il affirme que plusieurs personnes salariées du Conseil général consacrent une partie de leur temps de travail à préparer la réélection de Christian Monteil. «C’est un délit puni par la loi, on ne peut pas se servir de moyens publics pour mener sa propre campagne» justifie-t-il au Temps. L’élu a des preuves qu’il a transmises au procureur de la République d’Annecy. Mais ces preuves ont été récoltées de manière pour le moins rocambolesque.

Explication: au début du mois, Antoine Vielliard, qui se trouve au Conseil général, photocopie discrètement l’agenda d’une chargée de mission du président Monteil, une salariée du département. Cette personne prend l’élu sur le fait, lui réclame les copies mais Antoine Vielliard refuse et quitte le bureau, ses preuves en poche. «Son emploi du temps montre qu’elle est très active dans la campagne de Christian Monteil. Le Code pénal me fait obligation de transmettre les documents au procureur de la République car le règlement est enfreint», indique le maire de Saint-Julien. La recevabilité par la justice de ces pièces obtenues frauduleusement est à l’étude. La chargée de mission a elle aussi porté plainte pour vol à l’encontre d’Antoine Vielliard.

Sollicité également par Le Temps, Christian Monteil n’a pas souhaité réagir aux accusations de son adversaire politique, mais a évoqué «des informations relatives à des suspicions d’atteinte au respect de la vie privée concernant plusieurs personnes de mon entourage». Il a poursuivi: «Si elles étaient confirmées, elles révéleraient des agissements choquants, à l’opposé de l’idée que je me fais de la vie publique.» Il se dit à la disposition de l’autorité judiciaire.

Seconde affaire

Par ailleurs, une autre affaire trouble le climat local. Virginie Duby-Muller, députée UMP de Haute-Savoie et colistière de Christian Monteil, a elle aussi porté plainte pour menaces et insultes adressées par voie électronique depuis plusieurs mois. L’enquête est remontée jusqu’à un ordinateur connecté en Suisse, qui appartient au frère d’Antoine Vielliard. Ce dernier ignorait que son frère harcelait la députée et condamne fermement ses agissements. «Mais, tempère-t-il, lors des élections municipales, l’UMP a gravement atteint à mon honneur et à celui de ma famille en multipliant les attaques personnelles à mon encontre. Mon frère venait de perdre son épouse très malade, il a été extrêmement blessé mais s’est excusé auprès de la députée.»