Urbanisme

La guerre de l’aménagement empoisonne Genève

Les projets de développement suscitent des tensions croissantes. Deux référendums sont soumis au vote le 24 novembre. Alors que des associations dénoncent la destruction du patrimoine bâti et végétal, le ministre Antonio Hodgers défend la densification, seule manière de réduire l’empreinte carbone

Au petit matin, pelleteuses et tronçonneuses entament leur travail sous les cris des manifestants dépités: la scène est devenue banale à Genève où chaque projet d’aménagement ou presque est contesté. Récemment, c’était dans le quartier des Allières, proche de la future gare des Eaux-Vives, là où le canton prévoit un ensemble de 400 logements. Pour sauver la maison du Jeu de l’Arc et une poignée d’arbres centenaires, les militants du patrimoine ont tout tenté, en vain. Si ce combat est perdu, d’autres s’annoncent. Le 24 novembre, la population votera sur le déclassement de la zone agricole Pré-du-Stand et sur un projet au Petit-Saconnex, qui font l’objet de deux référendums.

Après des années de stagnation, le rythme des constructions s’est accéléré à Genève. En 2018, quelque 2700 logements sont sortis de terre dans un climat électrique. Selon le plan directeur cantonal, 40 000 autres devraient suivre d’ici à 2030 pour répondre à l’augmentation démographique. «Pour lutter contre le réchauffement climatique, il est urgent de construire en ville pour éviter de miter le territoire et de multiplier les déplacements pendulaires, martèle le conseiller d’Etat responsable de l’aménagement, Antonio Hodgers. Faute de logements suffisants, plus de 120 000 ménages dont 20 000 à 30 000 suisses vivent en France voisine en travaillant à Genève. Notre canton doit prendre ses responsabilités.»