1756: Une première loge, très aristocratique, est fondée à Fribourg. Parmi ses membres Louis-Auguste d'Affry, colonel des gardes suisses.

1844: Fondation de la Grande Loge Suisse Alpina, organisation faîtière de la franc-maçonnerie «régulière» (il existe aussi un Grand Orient de Suisse, moderniste ou irrégulier; une Grande Loge féminine de Suisse; une Fédération suisse du Droit humain, mixte.)

1851: La Régénérée voit le jour, à Bourguillon. Issue des milieux libéraux, beaucoup de représentants de l'économie, peu d'intellectuels.

1876: La Régénérée inaugure son temple. Durant tout le dernier quart du siècle, la franc-maçonnerie peut avoir une influence politique par ses liens avec le Parti radical-libéral. Les chefs radicaux sont «frères», comme le député Edouard Bielmann et le conseiller national Auguste Marmier. Ces liens, mal perçus dans les campagnes, ne sont pas toujours bien vécus par le parti lui-même.

1882: Instauration du régime Python et de sa «République chrétienne». Les tensions entre conservateurs et libéraux sont à l'extrême. Le journal La Liberté, fondé en 1871, fait campagne avec une extrême virulence contre les francs-maçons, qui répliquent dans Le Confédéré, le journal très anticlérical des radicaux. Le canton vit par procuration, mais très vivement, les affrontements de France, entre le clergé et les défenseurs de la laïcité.

1937: Lointaine répercussion de ces affrontements, Fribourg est le seul canton suisse à approuver l'initiative du fasciste vaudois Fonjallaz pour l'interdiction de la franc-maçonnerie en Suisse. Alors même que la loge avait cessé toute activité depuis 1903 déjà. Elle revivra dès 1971.

2001: L'ouverture des francs-maçons ne va pas jusqu'à communiquer le nombre de leurs membres (quelques dizaines selon des estimations extérieures). «Aucun politicien parmi nous», assure l'archiviste Jean Guiot.

Y.R.

* Musée d'art et d'histoire de Fribourg, jusqu'au 10 juin

026 305 51 67.