La carrière politique de Guillaume Barazzone prendra fin en 2020. Le conseiller national PDC de 36 ans ne sera pas candidat lors des élections fédérales de l’automne 2019. Il terminera son mandat au sein du Conseil administratif de la ville de Genève, qui court jusqu’en 2020, mais n’ira pas au-delà.

Guillaume Barazzone a écrit au comité directeur de son parti cantonal pour lui communiquer cette décision, souligne le site de la Tribune de Genève. «J’ai décidé, suite au rapport de la Cour des comptes du 1er novembre 2018, de ne pas être candidat aux prochaines élections fédérales et municipales, explique cette missive. Ce faisant, et au-delà des montants que j’ai remboursés à la ville de Genève, j’entends assumer mes responsabilités.» Dans la lettre, l’élu présente ses excuses «aux habitants de Genève, à ses collaborateurs, aux membres du parti et à certains proches» qu’il a conscience d’avoir déçus.

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«Je salue cette décision que je regrette à titre personnel mais qui était la seule que Guillaume Barazzone pouvait prendre, a réagi Vincent Maitre, président du PDC cantonal. C’est la décision de la raison et du courage. Il avait déjà fait la démonstration d’une prise de conscience en remboursant immédiatement les frais litigieux à la ville de Genève. Certains doutaient de la sincérité de ce geste. Ils ont désormais la preuve de l’intégrité de notre magistrat.»

Le comité directeur du PDC avait entendu Guillaume Barazzone suite à la publication du rapport de la Cour des comptes. Il lui avait donné deux semaines pour se déterminer. C’est donc chose faite. Marie Barbey, conseillère municipale et membre de la présidence du parti, salue elle aussi «une décision courageuse». «C’est le premier membre du conseil administratif à être conséquent, reprend-elle. J’espère que cela en inspirera d’autres.»

La Cour des comptes a publié un rapport accablant pour l’exécutif municipal, mettant en avant des failles importantes dans le remboursement des notes de frais des élus durant l’année 2017. Le PDC se détachait, dans le collège de cinq, pour des frais de téléphone élevés et des achats avec sa carte de crédit professionnelle dont on peut douter du lien avec le mandat pour lequel il a été élu. Pour sa défense, le conseiller administratif avait avancé qu’il avait demandé à de réitérées reprises à Sandrine Salerno de modifier l’abonnement téléphonique peu avantageux auquel la ville avait souscrit, ce que la ministre des Finances avait refusé de faire. Concernant les achats, le PDC avait affirmé avoir confondu carte privée et carte professionnelle, en tout point semblables.

Un boulevard vers Berne

Le renoncement de Guillaume Barazzone ouvre le jeu au PDC pour les élections à venir. Lundi, la présidence présentera au comité directeur sa stratégie pour l’automne 2019. Vincent Maitre sera-t-il candidat pour le Conseil national? Le président affirme y réfléchir mais n’avoir pas arrêté sa décision. Selon nos informations, il figure bien sur la liste provisoire. Le retrait de la locomotive électorale du parti lui ouvre un boulevard: l’avocat a été le mieux élu de son parti au printemps dernier parmi ceux qui visent un mandat bernois. Il a plus de mille voix d’avance sur Delphine Bachmann, autre candidate potentielle. Ancien président, Sébastien Desfayes figurerait sur le ticket, de même de Cyril Huguenin, conseiller administratif de Bernex. Deux autres femmes sont pressenties. Le président précise que rien n’est arrêté et qu’aucune liste ne sera présentée lundi.

La candidature de Bertrand Buchs n’a pas été retenue. Médecin de profession, il comptait pourtant s’impliquer dans le débat national sur les questions de santé. Cette mise à l’écart est interprétée, au sein du parti, comme une sanction envers l’ancien président, qui a critiqué l’attitude de Pierre Maudet dès le début de l’affaire qui porte le nom du magistrat PLR. Le fait que les partis soient réunis au sein de l’Entente bourgeoise n’a jamais retenu Bertrand Buchs.

Pour le Conseil des Etats, Béatrice Hirsch, ancienne présidente elle aussi, a déjà fait savoir qu’elle était candidate à la candidature.

Rendez-vous lundi et jeudi

Si le comité directeur du PDC avalise le plan qui lui est présenté lundi prochain, une assemblée des délégués, d’ores et déjà convoquée pour le 6 décembre, devra encore l’approuver.

En ville de Genève également, la non-candidature de Guillaume Barazzone change la donne. Les regards se tournent vers Marie Barbey, figure du PDC municipal. «L’avenir de la ville de Genève m’intéresse en effet et je suis impliquée depuis plusieurs années comme élue, répond-elle. Etre candidate n’est cependant pas une décision qui se prend à la légère. Je dois en discuter notamment en famille. Je pense que les fêtes de fin d’année porteront conseil.»

L’élue, née en 1981, est également secrétaire générale adjointe au Département des infrastructures du canton, présidé par Serge Dal Busco. Lors de la législature précédente, elle occupait la même fonction au sein du Département des finances, toujours aux côtés du magistrat PDC.

La fin de la carrière politique de Guillaume Barazzone pourrait n’être que provisoire. «Il va de soi que mon engagement au sein du PDC reste et restera intact, indépendamment de mes mandats, précise-t-il dans sa lettre. Je continuerai à apporter mon enthousiasme, mes idées et ma disponibilité.»