ARMÉE

Guy Parmelin change son chef des Forces aériennes

Profitant de l’introduction de nouvelles structures dans l’armée, le ministre vaudois écarte Aldo Schellenberg et s’entoure d’un nouveau commandant des Forces aériennes lui-même pilote de carrière

Cela ressemble fort à une évacuation par le haut. Via un communiqué anodin, le Conseil fédéral a annoncé mercredi des changements parmi les cadres de l’armée. La réforme DEVA prévoit en effet de nouvelles structures de commandement dès le 1er janvier.

Mais quels changements! Le divisionnaire Bernhard Müller, actuel numéro deux des Forces aériennes, remplacera son chef Aldo Schellenberg dès 2018. Ce dernier deviendra chef des Opérations. Hiérarchiquement, il sera certes au-dessus du divisionnaire Müller, mais il n’incarnera plus le commandement des Forces aériennes.

A la lueur du contexte actuel au sein du DDPS, ce jeu de chaises musicales n’est pas anodin: le Département de Guy Parmelin s’apprête à proposer un nouveau concept de défense aérienne, avec l’acquisition de nouveaux avions de combat. L’achat doit figurer au programme d’armement 2022. Dans cette perspective, le chef des Forces aériennes devra porter et motiver le besoin de nouveaux appareils. Guy Parmelin doit pouvoir disposer de relations de confiance absolues en lui.

Relations délicates

Etait-ce encore le cas avec Aldo Schellenberg? Le torchon semblait brûler entre le conseiller fédéral Guy Parmelin et le commandant des Forces aériennes depuis un an et la suspension du projet de défense sol-air Bodluv. La lecture du rapport des Commissions de gestion publié en janvier sur cette suspension donne une idée de la qualité de la relation entre les deux hommes. Aldo Schellenberg était président de la surveillance du projet Bodluv. Or Guy Parmelin a décidé seul, sans consulter personne, contre l’avis de son cadre, de suspendre ce dossier estimant ne pas avoir été informé de manière appropriée. Le conseiller fédéral UDC doutait du coût final du projet de défense sol-air, de sa faisabilité. Aldo Schellenberg n’a, à aucun moment, semblé pouvoir le rassurer.

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L’expérience du pilote professionnel

S'il semble liée à une question de relations personnelles, cet éloignement par le haut permet par ailleurs de faire table rase des erreurs passées. En fonction depuis le 1er janvier 2013, le commandant Aldo Schellenberg était déjà à la tête des Forces aériennes au moment du rejet par le peuple du Gripen. «Cela me paraît assez judicieux, dans la perspective du débat sur une nouvelle défense sol-air et sur un nouvel avion de combat de mettre les bonnes personnes aux bonnes places. Il fallait peut-être un nouveau visage à ce poste», analyse le conseiller national Hugues Hiltpold (PLR/GE). Et Guy Parmelin pourra mettre à profit l’expérience personnelle de Bernhard Müller, pilote de carrière, contrairement à Aldo Schellenberg.

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