Conseil fédéral

Guy Parmelin a élargi ses centres d'intérêt

Resté très ancré dans le milieu agricole, le nouveau conseiller fédéral s'est aussi plongé dans les assurances sociales et la recherche biomédicale

Quel est le réseau des liens d'intérêts du nouvel élu Guy Parmelin? Celui en rapport avec l'économie agricole saute aux yeux, avec ses fonctions de président de la société de laiterie de Bursins-Vinzel et, beaucoup plus importante, la vice-présidence de Fenaco, conglomérat de la profession qui réalise un chiffre d'affaires annuel de 6,1 milliards de francs en vendant aussi bien des engrais, de l'essence, des tondeuses à gazon que des frites, des oeufs, de la viande ou du jus de pommes en gros et au détail.

Mais le nouveau conseiller fédéral a aussi tissé des liens plus discrets liés à ses fonctions de membre, dès 2003, puis de président de la commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil national (CSSS-CN).

Pourtant, rien ne prédestinait Guy Parmelin à sortir du milieu agricole. «Après 15 jours d'école secondaire supérieure, j'ai remarqué  que je n'étais pas fait pour les études», a-t-il confié au journal Schweizer Bauer, en optant immédiatement pour le perfectionnement professionnel afin de reprendre le domaine familial.

Inquiétudes socialistes

Son entrée, à une voix près, au Grand Conseil vaudois, puis, tournant déterminant, l'entrée dans la commission CSSS «parce que personne à l'UDC ne voulait ce siège», a incité Guy Parmelin à se plonger dans des dossiers législatifs ardus.

Et s'il confie aujourd'hui qu'il prendrait très volontiers la direction du Département fédéral de l'intérieur dirigé par le socialiste Alain Berset, c'est que le Vaudois se sent désormais très à l'aise avec la problématique des assurances sociales et de la santé. Guy Parmelin pense que ses chances sont sérieuses d'hériter ce qui l'intéresse car on prête la ferme intention à l'économiste Alain Berset, spécialiste de la récente évolution du droit financier suisse, d'occuper le siège libéré par Eveline Widmer-Schlumpf. Cette idée de rocade n'enchante pas le parti socialiste, inquiet de voir confier la suite de la réforme Prévoyance 2020 à Guy Parmelin qui a tout fait, en commission CSSS, pour la démanteler, «avec compétence» disent ses collègues parlementaires.

Suite à ses nouveaux centres d'intérêt Guy Parmelin a été approché par Interpharma, le lobby pharmaceutique, pour faire partie, avec 13 autres parlementaires, du groupe d'intérêt IG Biomed qui défend l'innovation et la recherche de la place économique suisse dans le domaine de la santé. L'agriculteur vaudois a offert l'un de ses badges d'entrée au Palais fédéral à Thomas Cueni, secrétaire d'Interpharma. Le nouveau conseiller fédéral est aussi membre du Conseil de Gen-Suisse, qui fait la promotion de la recherche dans le domaine des organismes génétiquement modifiés en médecine et en agriculture.

«Excellente compréhension 
des mécanismes économiques»

Guy Parmelin est-il un décideur alors qu'il n'a jamais occupé de fonction dans un Exécutif? Willy Gehriger, ancien directeur de Fenaco, en est persuadé. «Le Conseil d'administration de Fenaco se réunit une fois par mois et prend des décisions importantes, notamment toutes celles sur des investissements à partir de 10 millions de francs. Guy Parmelin, en tant que vice-président, est toujours intervenu de manière compétente et en pleine connaissance des dossiers du groupe qui gère 30 sociétés filles. Il possède une excellente compréhension des mécanismes économiques.» n Willy Boder, berne

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