Manifestation

Guy Parmelin face à la fronde vigneronne

Les vendanges ont été parfaites, et pourtant les vignerons dépriment. Face à la concurrence étrangère, ils ne parviennent plus à écouler leurs stocks et viennent exiger des mesures tarifaires à Berne lundi prochain, avant la rencontre avec le chef de l’Economie le 17 décembre

C’était le 10 septembre 2001. Une longue colonne de quelque 130 tracteurs se met en route depuis l’Arc lémanique pour rejoindre la place fédérale à Berne. Les vignerons occupent ce lieu mythique des colères populaires pour signifier leur fait au chef de l’Economie d’alors, Pascal Couchepin. Dix-huit ans plus tard, la manifestation sera moins bruyante le lundi 2 décembre. La vague verte est passée par là. Mais les soucis, les douleurs et les revendications sont presque les mêmes, comme si le temps s’était arrêté.

Une fois de plus, l’action est placée à l’enseigne des «raisins de la colère». A son origine, un viticulteur caviste de 36 ans de Yens sur Morges, Alexandre Fischer. Un homme fâché, mais qui met les formes. Pas de cortège ni de rassemblement sur la place Fédérale – les manifestations sont interdites lors des sessions – pour troubler la rentrée des élus. Pas de slogans agressifs non plus. «Nous voulons d’abord faire passer un message positif», insiste-t-il. «Les produits locaux, c’est écolo» et «Pour sauver la planète, consommez helvète» lira-t-on sur les banderoles.