Dans son canton d’origine, avec les délégués de son parti, Guy Parmelin était tout sourire, ce samedi, à Montricher, pour répondre aux questions de la presse. Conscient que l’UDC ne soutient, et de loin, pas toutes les décisions du Conseil fédéral, le Vaudois a dû se montrer tempéré sur le certificat covid lors de son discours. Il est aussi revenu pour Le Temps sur différentes thématiques, dont la politique énergétique de la Suisse, que le président de l’UDC a qualifiée, ce samedi, «d’utopie».

Le Temps: Tout d’abord, un petit mot sur cette journée d’assemblée des délégués de l’UDC. J’imagine que c’est symbolique de la vivre dans votre canton, pour le centenaire de la section vaudoise?

Guy Parmelin: Oui c’est clair que c’est un bonheur de pouvoir passer ce moment à Montricher, sur mes terres, même avec cette petite bise aigrelette [il faisait très froid, ndlr]. Mais je dois dire que j’ai un petit pincement au cœur, car j’avais fêté les 90 ans du parti il y a dix ans, et Jean-Claude Mermoud était encore conseiller d’Etat, ce qui me rappelle évidemment de bons souvenirs.

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D’ailleurs, est-ce que vous n’avez pas aussi un petit pincement au cœur d’avoir été président de la Confédération en cette année si particulière, et de ne pas avoir pu prétendre à autant d’événements que lors d’une année ordinaire?

On ne choisit pas ce genre de choses, mais quand on est dans un exécutif, on doit s’attendre à avoir des mauvaises surprises, et parfois des bonnes. J’ai eu l’opportunité unique de pouvoir rencontrer à Genève M. Biden et M. Poutine, et je pense que c’est quelque chose qui se présente peut-être une fois tous les 35 ans dans la vie du Conseil fédéral, et cette fois, c’est tombé sur moi. Je l’ai fait au plus près de ma conscience et je crois que, pour la Suisse, c’était bénéfique sur le plan international. Finalement, il me reste quelques visites d’ici à la fin de l’année avec des voyages intéressants en Israël, aux Etats-Unis ou encore à l’Exposition universelle de Dubaï, pour faire progresser les intérêts de notre pays.

Et la crise, ça n’a quand même pas été un cadeau pour vous?

C’est clair qu’avec mes collègues, on a toujours couru derrière les mauvaises nouvelles en essayant de s’adapter au mieux en fonction des contraintes. Mais je crois que nous sommes parvenus à limiter les dégâts sur le plan économique, même si c’est encore un peu tôt pour tirer le bilan.

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Sur le plan international, les relations semblent être tendues avec la France, notamment à cause du choix de l’avion de chasse américain plutôt que du Rafale, est-ce vrai?

Contrairement à ce qu’on peut croire, les contacts sont toujours existants. Ma collègue Viola Amherd était avant-hier à Bruxelles, lors de la réunion des ministres de la Défense de l’OTAN, et les premiers retours que j’ai eus évoquent des contacts très agréables avec tous les ministres présents, en particuliers ceux qui nous entourent.

D’ailleurs, le paysage politique français ne cesse de bouger en vue des élections de 2022, avec une forte croissance de l’extrême droite dans les sondages. Quel est le candidat de votre cœur?

Le Conseil fédéral ne commente jamais les élections dans les autres pays. Il doit travailler avec les différentes nations, et dès que le gouvernement sera connu, je prendrai contact avec mon homologue.

Qu’en est-il des questions énergétiques et de la politique de Simonetta Sommaruga, qui a été apostrophée lors de l’assemblée des délégués de l’UDC, pour qu’elle revoie son plan d’action à l’horizon 2050?

Je crois qu’il faut remettre l’église au milieu du village. Le Conseil fédéral a donné des mandats clairs à la Commission fédérale sur l’électricité (ElCom) qui doit nous livrer un rapport et un concept d’ici à la fin de l’année. En voulant décarboniser l’économie, vous l’électrifiez, donc vous augmentez les besoins en matière d’électricité. Nous devons aussi tenir compte de la volonté du peuple suisse de ne pas reconstruire de nouvelles centrales nucléaires. Ce sont donc des capacités à remplacer, et plutôt rapidement, pour assurer notre indépendance énergétique. Nous sommes au début d’un gros défi, et le temps nous est compté.

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