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Bundesrat Guy Parmelin, Chef VBS, Eidgenoessisches Departement fuer Verteidigung, Bevoelkerungsschutz und Sport, schreitet zur Pressekonferenz, "Sicherheit Schweiz", Jahresbericht des Nachristendienstes des Bundes, am Dienstag 2. Mai 2017 in Bern…

SÉCURITÉ

Guy Parmelin: «La question n’est pas de savoir si un attentat aura lieu en Suisse, mais quand»

Le conseiller fédéral Guy Parmelin est préoccupé par la situation sécuritaire générale. Il a fait part de son analyse mardi, en présentant le bilan annuel du Service de renseignement de la Confédération. Pas de commentaire en revanche sur le présumé espion suisse arrêté en Allemagne

Rares sont les jours où la presse étrangère débarque à Berne pour la présentation d’un rapport fédéral. Le bilan annuel du Service de renseignement de la Confédération (SRC), mardi, a fait exception. Et pour cause: l’arrestation, vendredi dernier à Francfort en Allemagne, d’un présumé espion suisse qui aurait tenté de prendre en chasse les inspecteurs du fisc allemand suscite beaucoup de questions et rouvre de vieilles plaies entre voisins.

A ce sujet: Un espion suisse arrêté en Allemagne

Face aux médias, le conseiller fédéral chargé du Département de la défense, Guy Parmelin, et le directeur du SRC, Markus Seiler, ont fait une mise au point sur l’affaire allemande, en refusant toutefois de répondre à toute question portant sur le cas précis. Entre les lignes se dessinent un certain axe de défense, mais aussi la volonté de ne pas jeter de l’huile sur le feu. «Je ne peux ni ne veux interférer sur des procédures en cours dans un pays voisin et ami», commente Guy Parmelin.

Le chef des espions suisses, Markus Seiler, convoque le cadre légal de son service, notamment le fait que le SRC a la tâche d’intervenir lorsque «la souveraineté du pays est attaquée au moyen de méthodes illégales». Il rappelle toutefois aussi l’évolution vers l’échange automatique d’informations dans le domaine fiscal qui rendra le vol de données bancaires comme la traque des voleurs bientôt désuets. «Au plus tard l’an prochain, ce ne sera plus un thème», affirme Markus Seiler.

90 personnes jugées à risque

Au chapitre des menaces, le rapport annuel du Service de renseignement de la Confédération fait état d’une situation aggravée depuis l’an dernier. Le monde est moins lisible qu’avant et les crises se renforcent, dit-il, citant l’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, le Brexit ou encore la réforme constitutionnelle en Turquie.

Evoquant les attentats de Londres, Nice ou encore Stockholm, le conseiller fédéral Guy Parmelin l’affirme: «La question n’est pas de savoir si un attentat aura lieu en Suisse, mais quand.» A ses côtés, Markus Seiler se montre moins péremptoire. Il ne veut pas faire de «l’alarmisme inutile». Il évoque un degré de menace «élevé».

Lire aussi: L’appel au djihad reste entendu en Suisse

En guise de réponses à cette menace, la Confédération mise sur le Réseau national de sécurité ou encore le groupe de travail Tetra. Cantons, communes et citoyens sont appelés à être vigilants. Les espions helvétiques traquent les voyageurs du djihad, au nombre de 88 (statistiques cumulatives depuis 2001). Les mouvements se stabilisent. «Le SRC n’a enregistré aucun nouveau départ ou retour de voyageur du djihad depuis août 2016», indique Guy Parmelin. Markus Seiler précise que si la statistique des voyageurs du djihad a évolué de 83 à 88 depuis mars, c’est parce que la présence de certains Suisses, dont le départ est antérieur à mars, a pu être confirmée dans des zones de conflit.

Mais il n’y a pas que les voyageurs du djihad qui peuvent être susceptibles de passer à l’acte de retour en Europe. Le Service de renseignement a élargi son radar aux «personnes à risque», au nombre de 90 aujourd’hui en Suisse, qui font l’objet d’une surveillance particulière. «Il s’agit de personnes qui remplissent certains critères: potentiel violent, signes de radicalisation, problèmes psychiques, membres de certains réseaux, comme la mosquée de Winterthour, etc.», indique Markus Seiler. Le Bernois refuse toutefois la comparaison avec les fiches S en France: «Cet instrument des organes de sécurité en France est relativement faible en ce qui concerne le contrôle de qualité.»

Une douzaine de diasporas surveillées par leur pays d’origine

Autre objectif prioritaire pour le SRC: la lutte contre les cyberrisques, notamment le cyberspionnage pratiqué de manière toujours plus importante contre la Suisse, ses entreprises ainsi que des organisations internationales ayant leur siège dans le pays. Plusieurs Etats qui disposent de «cybercapacités offensives propres» ont renforcé leurs activités. Le rapport cible en particulier l’agressivité des «activités émanant de l’espace russe».

Des Etats continuent aussi de pratiquer l’espionnage traditionnel sur sol suisse. Le rapport relève que les diasporas sont régulièrement visées. Les ressortissants d’une douzaine d’Etats sont constamment touchés. Les Turcs de Suisse en font-ils partie? Markus Seiler ne veut pas commenter de cas particulier. Il rappelle toutefois qu’une procédure judiciaire est en cours au niveau du Ministère public de la Confédération, en lien avec la campagne précédant la réforme constitutionnelle chère au président Erdogan en Turquie.

Lire encore: Le Ministère public enquête dans les milieux turcs pour espionnage

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