Les conséquences de la crise pour l’économie suisse sont inquiétantes. «Ce sera difficile d’éviter une récession, et c’est un euphémisme», a déclaré le ministre de l’Economie Guy Parmelin lors de la conférence de presse du Conseil fédéral. Celui-ci met le turbo pour soutenir l’économie. Un plan d’aide d’urgence de 10 milliards de francs, dont 8 à la charge de l’assurance chômage, est mis en œuvre. «Notre objectif suprême est de sécuriser le versement des salaires», argumente Guy Parmelin. Une task force interdépartementale «évalue l’impact économique et identifiera les domaines où il faudra agir en priorité», ajoute-t-il.

Le Conseil fédéral raccourcit immédiatement, par voie d’ordonnance, le délai d’attente pour faire valoir le droit au chômage partiel. Il est ramené de trois à un jour. Le délai de préavis avait déjà été raccourci, il est désormais de trois jours au lieu de dix. Des simplifications administratives sont également prévues afin que les entreprises aient un accès facilité aux mesures de réduction de l’horaire de travail (RHT). Plusieurs milieux, comme le PS, l’Union syndicale suisse (USS) et les Verts, ont demandé que les personnes qui ont un contrat de travail de durée déterminée ou des travailleurs temporaires, en particulier dans les domaines de la culture et de l’événementiel, aient aussi accès au chômage partiel. Guy Parmelin annonce que le Secrétariat d’Etat à l’économie va évaluer cette requête d’ici à vendredi prochain.

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Des aides pour le sport et la culture

En parallèle, le Conseil fédéral examine la possibilité d’accorder un soutien financier pouvant aller jusqu’à un milliard de francs aux entreprises particulièrement touchées par le ralentissement de l’activité économique. Cette aide financière transitoire pourrait leur permettre de résoudre leurs problèmes de liquidités. Le Département des finances (DFF) présentera des propositions d’ici au 1er avril. «Il faut des critères clairs et objectifs», insiste Guy Parmelin. Les PME peuvent en outre bénéficier de crédits bancaires garantis par cautionnement pour un montant de 580 millions. Les conditions d’octroi sont allégées, mais ces prêts bancaires sont remboursables.

Le Conseil fédéral veut donner un coup de pouce aux sociétés qui ont dû renoncer à participer à une foire internationale. Un montant de 4,5 millions est à disposition pour cela. Il prévoit aussi une contribution à fonds perdu de 50 millions pour les organisateurs de manifestations sportives bénévoles, à condition qu’ils prennent leurs dispositions pour constituer à moyen terme le capital nécessaire pour faire face à une situation exceptionnelle de six mois. Des prêts remboursables sans intérêts de 50 millions au maximum sont encore destinés aux sports d’équipes qui n’ont pas accès aux crédits bancaires. Des mesures complémentaires pour le monde culturel seront élaborées d’ici à la semaine prochaine. «Nous voulons éviter la disparition de manifestations importantes», précise Guy Parmelin.


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Les trains continuent de circuler

Afin de ne pas perturber davantage le fonctionnement de l’économie, le Conseil fédéral ne suspend pas les transports publics. L’offre de base en trafic régional et grandes lignes est maintenue. Mais des retards ou suppressions sont possibles, et les transports touristiques, courses spéciales et voyages de groupe sont annulés. Mais les consignes demeurent: éviter les heures de pointe, rester à distance des autres passagers, renoncer aux transports collectifs pour les loisirs, adapter les horaires des entreprises, privilégier le télétravail. Les CFF prennent des mesures complémentaires: ouverture automatique des portes des trains et des bus en gare, multiplication des nettoyages, suppression des services de restauration dès samedi 14 mars, réduction des contrôles à bord.

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Ce plan d’action rappelle, à une échelle différente, ceux que la Confédération a mis en place après la débâcle de Swissair en 2001 et pour éviter celle d’UBS en 2008. Dans le premier cas, elle avait accordé des prêts pour plus d’un milliard de francs. Dans le second, elle avait emprunté 6 milliards, par la suite remboursés, et la BNS avait financé une décharge d’actifs à hauteur de 54 milliards.

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