Le Temps: Comment appréciez-vous les avancées du projet d'agglomération franco-valdo-genevois?

René Longet: Il avance jusqu'à maintenant à pas de loup. Par contre, les changements de mentalité survenus ces

dernières années me semblent positifs. Les gens commencent à dépasser les clichés de frontières cantonales tout d'abord, nationales ensuite, pour constater qu'ils appartiennent au même bassin de vie.

Ce projet témoigne donc d'une réelle volonté de politique commune.

- Si l'on comprend volontiers l'intérêt des régions françaises, que peut effectivement rapporter ce projet à la ville de Genève?

- Actuellement, la ville de Genève joue à la fois le rôle d'acteur et à la fois celui de victime. Acteur, d'un point de vue économique, elle appelle une grande main-d'œuvre, par exemple. Victime ensuite, elle ne peut participer qu'à une partie de la gestion politique de la région, compte tenu des frontières qui morcellent sa sphère d'influence. La ville et tout le canton, grâce à ce projet, gagneraient en logique d'application de leur politique.

- On constate qu'il est actuellement difficile dans le canton de créer une véritable politique de développement durable. Ce projet résoudra-t-il ce problème?

- En effet, il faut entièrement reconsidérer les communes. Il convient de fédérer les 45 communes genevoises. Je distingue pour ma part trois niveaux: Genève au centre du processus, puis il faut considérer les 10 communes périphériques, enfin les 35 à l'extérieur. De cette manière, on pourrait établir une véritable politique de développement durable. Mais, à mon avis, c'est avant tout une modification de la constitution de la République de Genève qu'il faut entreprendre.

- Jugez-vous qu'en l'état le comité qui prendra les rênes du projet ne pourra pas faire appliquer ses propositions?

- Ce comité ne pourra que préparer des décisions et des projets. Une nouvelle fois, de bonnes institutions et une mentalité commune franco-valdo-genevoise sont nécessaires pour réaliser une réelle union. A l'heure actuelle, il faut continuer de parler du projet d'agglomération pour ancrer cette réalité dans les habitudes. Son application, toutefois, me paraît actuellement difficile.