Evénement

Hackathon: trois jeux pour inciter au vote

Ce week-end, «Le Temps» a organisé un hackathon sur le thème «La gamification pour encourager la participation aux élections». Trois applications ont émergé d’un joyeux bouillon d’idées

Prenez des gens qui sont mus par un même idéal, regroupez-les, laissez opérer la magie de l’intelligence de groupe, et vous obtiendrez de l’innovation. C’est en gros la recette d’un hackathon, soit un travail collaboratif entre volontaires pendant un temps déterminé, en général deux jours.

Les 22 et 23 juin, Le Temps a accueilli une douzaine de développeurs, designers et spécialistes de la politique pour s’attaquer aux élections fédérales du 20 octobre. Le but: utiliser des mécaniques de jeu pour encourager la participation. Pour l’occasion, la rédaction s’est associée à Opération Libero, un mouvement citoyen créé par des jeunes pour «secouer la Suisse» après le vote du 9 février 2014.

Chocolat-brocoli

«Quand on crée un jeu sur un sujet sérieux, il faut éviter l’effet chocolat-brocoli: enrober quelque chose de sérieux avec du jeu, comme des brocolis recouverts de chocolat pour les rendre plus appétissants», a souligné Laure Dousset en préambule. Cette spécialiste des mécaniques de jeu a ouvert le hackathon en posant les bases de la «gamification» avec de nombreuses méthodes: badges, avatars, scores, barres de progression, narration pour créer de l’aventure ou susciter la curiosité.

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«Je ne connaissais pas cet aspect, s’enthousiasme Olivier Leclere, conseiller en organisation de l’information à l’Etat de Genève et participant au hackathon. Comment mieux onboarder [ndlr: acquérir et intégrer] les utilisateurs, c’est un point sur lequel on travaille chez nous. Pour être au service du citoyen, l’administration doit évoluer et satisfaire ses clients comme une entreprise privée.»

Un «avenir gamifié»

Pour Sophie Walker, la gamification est un terrain connu: comme travail de master, cette étudiante de la Haute Ecole d’art de Zurich crée précisément un jeu pour encourager les citoyens à connaître les candidats aux élections fédérales. «C’était très motivant et rassurant de voir d’autres personnes utiliser le jeu vidéo pour une bonne cause. Je pense que notre avenir sera gamifié. Et malheureusement ce procédé est beaucoup utilisé à mauvais escient, comme dans America’s Army», le jeu de tir gratuit créé par l’armée américaine pour enrôler des jeunes.

«C’est la première fois que je mélange hackathon et politique, note Stéphane Decrey, responsable communication d’Opération Libero en Suisse romande. Le débat public recèle pourtant un potentiel d’innovation énorme. On pense à des projets très coûteux et complexes comme le vote électronique alors que des tas de projets simples pourraient se faire.»

Résultat, trois concepts d’applications mobiles qui s’adressent à trois publics cibles: les abstentionnistes, les jeunes et les votants débordés par le foisonnement de candidats et d’informations.


Les trois projets

Marc Chappuis, Vicky Chappuis, Florent Fischbacher, Christine Rizzi et Antoine Stroh ont conçu l’app «Happy Voting Hours» pour donner un aspect communautaire au vote par correspondance. Vote simultané à des positions géographiques précises, course au vote par équipe… et pour les personnes moins sociables, un tamagotchi qui se nourrit de votes.

Patricio André, Inès Blondel, Oliver Leclere et Paul Ronga ont élaboré un jeu destiné aux gymnasiens, qui leur propose de créer leur «Suisse de l’avenir». Après neuf questions de politique publique, l’utilisateur reçoit un collage d’images représentant «sa» Suisse, assorti d’un encouragement à voter.

Stéphane Decrey, Emmanuelle Germond, Alexis Martin et Sophie Walker ont planché sur un outil d’aide aux élections fédérales qui s’appuie sur les données de Smartvote, mais plus facile d’accès et pensé pour une utilisation sur téléphone mobile. Pour trier les candidats, on les pousse à gauche ou à droite, comme sur l’app de rencontre Tinder.

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