D'abord, il a tenté de contenir ses émotions, se limitant à un signe crispé de la tête en forme de bonjour, mercredi après-midi devant le Rathaus à Berne. Il a «tenu «une poignée de minutes, avant de revenir, rayonnant de bonheur. Terriblement déçu de ne pas avoir été élu le 19 octobre 2003, Hans Stöckli réalise l'un de ses rêves après celui d'Expo.02: il siégera à partir du 1er août au Conseil national, remplaçant Rudolf Strahm, qui lui cède son siège pour occuper celui de «Monsieur Prix».

«Jetzt Stöckli!» Telle était le slogan électoral du maire socialiste de Bienne, lors des fédérales de l'automne passé. Premier des viennent-ensuite, il a dû ronger son frein quelque mois, mais l'heure du croisé du bilinguisme sonne enfin. «Hé, oui, je suis diablement content», confie celui qui a fait de Bienne sa citadelle métamorphosée, depuis 1990 qu'il tient les rênes de la mairie.

Hans Stöckli est d'autant plus heureux de la tournure des événements que sa non-accession au parlement fédéral à fin 2003 lui a permis de mener à terme le projet cantonal de statut bilingue pour sa ville. Après quoi, il quittera le parlement bernois pour le National. Mais il gardera la mairie de Bienne, pour autant que ses concitoyens lui confient un cinquième mandat en septembre.

Sous la Coupole, Hans Stöckli se profilera en tant qu'élu urbain, s'impliquera dans la politique des agglomérations; mais il défendra aussi les régions périphériques de l'Arc jurassien. Le politicien de 52 ans, autrefois impulsif, impétueux et autoritaire, devenu sage et ascète – il a fondu de 101 à 75 kilos, ce dont il est très fier – se présentera encore comme l'archétype du parfait bilingue. De racine alémanique, qui comprend et défend les francophones. Sa carrière est relancée.