Au mois d’août 2021, à quelques jours d’intervalle, une femme et un homme, tous deux quadragénaires et incarcérés à la prison des Iles, à Sion, mettaient fin à leurs jours. En octobre, un détenu de 35 ans était retrouvé mort dans sa cellule à Orbe. Une semaine plus tard, c’était au tour d’un homme de 50 ans, détenu à la prison de Champ-Dollon. Si le monde carcéral, empreint de promiscuité, de stress, de tensions et de souffrances psychiques, est connu pour favoriser les gestes auto et hétéro-agressifs, cette multiplication de drames interpelle les professionnels du domaine. Le professeur Hans Wolff, chef du service de médecine et de psychiatrie pénitentiaires genevois, a lancé une étude avec son équipe pour cerner le phénomène et tenter d’en comprendre les causes. Les effets de la pandémie semblent jouer un rôle important. Entretien.