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Hans-Jürg Käser, conseiller d’Etat bernois PLR, directeur de la police et des affaires militaires.
© PETER KLAUNZER

Violences contre la police

Hans-Jürg Käser: «Il ne sert à rien de durcir la loi pour lutter contre les agressions de policiers»

Des voix s’élèvent pour réclamer des sanctions plus sévères contre les attaques de policiers. La loi est suffisante, mais pas appliquée, rétorque le ministre bernois de la sécurité

Après les barricades en feu, le brasier politique. Les heurts entre un groupe de casseurs et les forces de l’ordre – qui ont fait dix blessés parmi les policiers samedi dernier – donnent du grain à moudre à ceux qui espèrent un durcissement des sanctions contre les violences à l’encontre des forces de l’ordre. La Fédération suisse des fonctionnaires de police – l’association professionnelle des policiers et policières suisses – réclame depuis 2009 un des peines plus strictes. La question s’apprête à ressurgir au parlement fédéral, où des propositions allant dans ce sens ont été déposées.

Hasard du calendrier, l’une d’entre elles se trouvait sur la table du Conseil des Etats, pas plus tard que lundi. Malgré une forte pression et contrairement à l’avis du Conseil national, la majorité de la chambre des cantons a décidé de rejeter la motion de l’ancien conseiller national UDC Oskar Freysinger, qui visait à infliger un an de prison au minimum à une personne coupable d’agression sur un agent. Actuellement, le code pénal prévoit une peine privative de liberté de trois ans au plus, ou une peine pécuniaire, contre un individu qui, «en usant de violence ou de menace, aura empêché […] un fonctionnaire» de faire son travail.

Hausse des dénonciations pour violences contre agents

Or le débat est loin d’être clos. Dans une initiative déposée en décembre dernier, les conseillers nationaux Romano Marco (PDC/NE) et Bernhard Guhl (PBD/AG) réclament une peine de trois jours de détention au moins pour des actes de violences contre un fonctionnaire de l’Etat. Pour justifier la nécessité de modifier la loi, les élus évoquent l’augmentation des violences et menaces contre les représentants de l’ordre: les dénonciations sont passées de 774 en 2000 à 2808 en 2015, selon la statistique policière de la criminalité.

Reto Nause, directeur de la sécurité au sein du gouvernement de la ville de Berne, se positionne lui aussi en faveur d’un cadre légal plus strict. «Nous avons réagi correctement: l’exécutif de la ville de Berne a d’abord refusé d’autoriser cette manifestation. Et, lorsqu’elle a malgré tout eu lieu, la police a fait son travail en évitant que le chaos ne se propage au reste de la ville». Aux yeux du ministre PDC, c’est aux autorités fédérales de modifier la loi pour durcir les peines. Mais tous ne sont pas sur la même longueur d’onde, parmi les dirigeants des forces de l’ordre.

Hans-Jürg Käser, conseiller d’Etat bernois PLR, directeur de la police et des affaires militaires est très clair: «il ne sert à rien de durcir les sanctions, encore faudrait-il appliquer celles qui existent déjà». Le ministre bernois également président de la CCDJP (Conférence des directrices et directeurs des départements cantonaux de justice et police) déplore que, suite aux heurts survenus entre mercredi et samedi, aucune des quelques 40 interpellations n’ait conduit à l’ouverture d’une procédure par le Ministère public bernois. La police cantonale a de son côté ouvert une enquête pour déterminer si la vie d’autrui a été mise en danger lors des manifestations de samedi.

Reitschule dans le viseur

Les émeutes de la semaine dernière ont aussi réveillé les détracteurs de la Reitschule, centre culturel à l’abord duquel s’est déroulée la manifestation. Ce berceau de la gauche alternative bernoise, que l’UDC rêve depuis toujours de fermer, a déjà été la scène d’affrontements entre casseurs et policiers par le passé. Or, rappelle Hans-Jürg Käser, ce lieu est aussi «un espace culturel très important pour des centaines de jeunes, tandis que les casseurs ne représentent que 40 à 50 personnes, qui proviennent de Berne et d’autres villes aussi».

La tension n’est pas prête de redescendre dans la capitale: le 18 mars prochain, le comité Brennpunkt Schweiz, proche de l’UDC, a programmé une manifestation sur la place fédérale pour protester contre la mise en oeuvre par le parlement fédéral de l’initiative du 9 février contre l’immigration. La scène autonome se tient prête à riposter avec une contre-manifestation sous slogan: «welcome back to hell».

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