Selon un communiqué du Département fédéral des finances diffusé aujourd’hui, Hans-Rudolf Merz et Mouammar Kadhafi se sont rencontrés en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York. A cette occasion, ils ont confirmé leur volonté de «mettre rapidement en œuvre l’accord conclu entre les deux Etats le 20 août dernier». Durant l’entretien, le président de la Confédération a exigé «le retour immédiat des deux Suisses retenus en Libye» depuis plus d’un an, «conformément à ce qui a été promis à la Suisse à plusieurs reprises». Le chef d’Etat libyen «a assuré qu’il s’engageait personnellement en ce sens», a indiqué le DFF.

Les services de Hans-Rudolf Merz n’ont pas précisé quand la rencontre avait eu lieu. Selon l’agence officielle libyenne Jana, les deux hommes se sont vus mercredi soir. A 12h30 heure de New York (18h30 en Suisse), le président de la Confédération devrait tenir une conférence de presse à l’ONU.

Un tête-à-tête à New York entre les deux dirigeants avait été annoncé par Hans-Rudolf Merz lui-même dans une interview diffusée jeudi sur le site de la Télévision suisse romande. Interrogé sur le moment de la rencontre, le président de la Confédération, faisant preuve de prudence, avait refusé de répondre, précisant néanmoins qu’il ne s’agissait pas «d’une rencontre décisive». Les deux parties vont «poursuivre» les efforts «pour résoudre» la crise entre les deux pays. Et le conseiller fédéral de poursuivre: «Je crois qu’à la fin, on fera la paix même si cela requiert un peu plus d’énergie que j’avais pensé au début».

Les relations entre la Suisse et la Libye sont tendues depuis l’arrestation de l’un des fils du colonel Kadhafi, Hannibal, en juillet 2008 à Genève. Hans-Rudolf Merz s’était rendu en visite surprise à Tripoli en août dernier, sans pouvoir rencontrer le colonel Kadhafi en personne. Il avait à cette occasion présenté des excuses concernant les circonstances de l’arrestation d’Hannibal.

Le président de la Confédération avait alors annoncé avoir reçu la promesse que les deux Suisses retenus à Tripoli dans le cadre de cette affaire seraient de retour chez eux avant le 1er septembre. Une promesse non tenue par les autorités libyennes.

Ce déplacement de Hans-Rudolf Merz, ses excuses et le fait que les deux Suisses sont toujours sur sol libyen, interdits de sortie, a provoqué une vive polémique en Suisse, certains appelant à la démission du conseiller fédéral. Un scénario exclu par l’intéressé.

Au cours de son séjour libyen, le conseiller fédéral a signé un accord rétablissant les relations entre la Suisse et la Libye. Ce document prévoit la création d’un «tribunal arbitral indépendant» chargé d’examiner les circonstances de l’arrestation d’Hannibal dans la cité de Calvin.

L’annonce d’une rencontre à New York intervient alors que la procédure concernant la plainte libyenne déposée en avril dernier contre les autorités genevoises a été suspendue à la requête de toutes les parties. Une audience aurait dû avoir lieu ce jeudi devant le Tribunal de Première instance à Genève. La Libye, les époux Hannibal et Aline Kadhafi et l’Etat de Genève ont demandé cette suspension, a indiqué jeudi à l’ATS Patrick Becker, secrétaire adjoint du pouvoir judiciaire. Il n’a pas pu préciser si cette suspension était liée à la mise sur pied du tribunal arbitral.