Le ministre des finances Hans-Rudolf Merz ne craint pas une enquête du Parlement sur son rôle dans l’affaire UBS. Il referait presque tout de la même manière, a-t-il dit dans deux entretiens publiés samedi par plusieurs quotidiens.

«Je me réjouis d’avoir enfin de la transparence», a relevé Hans-Rudolf Merz dans la «Tribune de Genève» et «24heures». Et d’ajouter: «Je n’ai rien à cacher, je n’ai rien à craindre». Le conseiller fédéral ne prend toutefois pas position sur la nécessité de créer une commission d’enquête parlementaire (CEP): «Ce n’est pas à moi de dire ce qui est préférable».

Hans-Rudolf Merz ne s’attendait pas à ce que le Tribunal administratif fédéral (TAF) juge illégale la remise des données de 250 à 300 clients de l’UBS par la FINMA, l’autorité fédérale de surveillance des marchés financiers, a-t-il confié au «St. Galler Tagblatt», à la «Zürcher Landzeitung» et à la «Neue Luzerner Zetitung».

Pesée d’intérêts

Il s’agissait alors de faire une pesée des intérêts entre un certain nombre de contribuables auteurs d’évasion ou de fraude fiscale et l’économie suisse, représentée par l’UBS, note le libéral- radical. «Nous étions d’avis que ces personnes ne devaient pas être placées plus haut que les intérêts de notre économie.» Le ministre est convaincu que cette évaluation était légitime.

S’agissant de la remise des noms de clients de l’UBS aux Etats- Unis, Hans-Rudolf Merz aurait préféré continuer la procédure d’entraide administrative, comme prévu dans les accords bilatéraux. Mais le Conseil fédéral a décidé d’utiliser le doit d’urgence, une voie à laquelle le ministre des finances était opposé, précise-t-il dans les entretiens publiés samedi.

Quant à la solution politique, elle a échoué entre fin 2008 et début 2009. Une tentative de contact avec le président américain sur le départ George W. Bush a fait choux blanc. Et en janvier 2009, Hans-Rudolf Merz n’avait pas d’interlocuteur face à lui, le nouveau président Barack Obama n’ayant nommé son ministre des finances Timothy Geithner qu’en février.