L'annonce du prochain retour aux affaires de Hans-Rudolf Merz a été accueillie avec un grand soulagement mais aussi une certaine surprise à Berne. Son accident cardiaque avait déclenché une forte émotion dans tout le pays. Après avoir sérieusement douté du rétablissement du ministre des Finances, les parlementaires se sont montrés plus optimistes cette semaine, car les nouvelles en provenance de l'entourage du conseiller fédéral étaient plutôt rassurantes.

Elles se sont confirmées jeudi après-midi, lorsque l'Hôpital de l'Ile et le Conseil fédéral sont sortis du silence prudent dans lequel ils s'étaient enfermés depuis une semaine. La direction de l'hôpital a annoncé que Hans-Rudolf Merz avait pu quitter l'établissement et entamer la phase de réadaptation cardio-vasculaire. Elle a fait état d'un «déroulement positif du processus de guérison».

Des projets importants

Simultanément, le Conseil fédéral a annoncé que l'Appenzellois reprendrait la direction du Département des finances après sa convalescence. La date exacte de son retour reste incertaine. Mais Hans-Rudolf Merz a fait savoir par un courrier adressé lundi au président de la Confédération, Pascal Couchepin, qu'il allait reprendre son activité. Et c'est donc en principe lui qui, sauf surprise, devrait succéder au Valaisan à la tête du gouvernement l'an prochain, mais il ne le précise pas dans sa lettre. Et certains à Berne craignent que cette double charge, dans le contexte actuel, ne se révèle trop lourde pour l'Appenzellois. La rapidité avec laquelle le conseiller fédéral a annoncé son retour en a d'ailleurs surpris plus d'un.

L'annonce du rétablissement de Hans-Rudolf Merz réjouit cependant son propre parti, qui parle d'une «excellente nouvelle pour M. Merz et sa famille» comme «pour la Confédération et les citoyens de tout le pays». Le PRD fait notamment référence «à l'importance des projets qu'il pilote». Ceux-ci ne manquent pas. Son accident cardiaque est intervenu alors que la crise financière, qu'il suivait de près, en collaboration avec la Banque nationale et la Commission fédérale des banques, n'avait pas encore atteint son apogée. Sa suppléante, Eveline Widmer-Schlumpf, a dû reprendre ce dossier au pied levé. Elle a dû poursuivre à sa place l'esquisse des scénarios qui pourraient amener le Conseil fédéral, voire le parlement, à prendre des mesures, intervention qui n'a pas été jugée nécessaire jusqu'à présent. Elle a aussi dû répondre aux questions des parlementaires durant la session des Chambres.

C'est aussi la ministre de la Justice qui va préparer la prochaine séance de la Commission de l'économie du Conseil national consacrée à la réforme de la TVA. Celle-ci se réunit le 13 octobre.

A cette date Hans-Rudolf Merz, qui milite pour imposer un taux unique de 6,1% et supprimer la quasi-totalité des exceptions, ne sera pas encore rétabli. Eveline Widmer-Schlumpf consacrera une partie des relâches automnales du Conseil fédéral, la semaine prochaine, à la préparation de ce dossier difficile, le taux unique et l'élimination des exceptions étant contestés. L'ajustement du budget 2009, dont l'excédent prévu de 1,4 milliard pourrait se révéler trop optimiste en raison de la crise financière, sera un autre thème capital du trimestre à venir.

L'annonce du retour de Hans-Rudolf Merz clarifie aussi la situation de Samuel Schmid. Le ministre de la Défense peut désormais prendre sa décision sur son maintien ou sa démission en connaissance de cause. Voilà qui relance le scénario initial d'un départ coordonné avec Pascal Couchepin, par exemple au début de 2009. Ce scénario, apparemment soutenu par Fulvio Pelli, permettrait de placer un radical, qui pourrait être Didier Burkhalter, au Département de la défense (DDPS). Ce dernier est cependant loin de faire l'unanimité au sein du PRD.