Une double crainte a présidé au refus des fédérations de communes. Il y a celle, clairement exprimée, d'introduire un troisième échelon démocratique – même provisoire – entre la commune et le canton. Il y a aussi la peur de voir des rapprochements systématiques entre voisins remplacer les sinueux et opaques rapports de force à géométrie variable qui sont de mise aujourd'hui.

En se défiant des «mariages à l'essai» qu'auraient représenté les fédérations, les communes campagnardes ont pourtant choisi de s'imposer la voie la plus dure. A l'avenir, ces villages n'auront plus qu'une alternative, fusionner à grande échelle, ou abandonner à l'Etat des tâches qu'ils ne peuvent remplir, et devenir des coquilles administratives pratiquement vides et sans pouvoir. Mais apparemment, mieux vaut passer sous le joug cantonal en entraînant son voisin dans son hara-kiri, que s'entendre avec lui pour créer une région forte.