Education

Harcèlement à l'école: le bonnet d'âne pour la Suisse

Menaces, bousculades, fausses rumeurs… selon la dernière étude PISA, le harcèlement dans les écoles suisses a augmenté depuis 2015. Par rapport aux sept autres pays répertoriés, la Suisse enregistre les chiffres les plus préoccupants

Le harcèlement dans les écoles suisses a augmenté depuis 2015, selon la dernière étude PISA publiée mardi. La Suisse enregistre la note la plus élevée par rapport aux sept pays de référence. Le rapport PISA 2015 avait déjà montré que les élèves suisses ont en moyenne un sentiment fort d'appartenance à l'école tout en étant fréquemment exposés au harcèlement. Ce tableau n'a pas changé en 2018.

Aucun des pays de référence (Suisse, France, Italie, Allemagne, Autriche, Belgique, Finlande et Luxembourg) n'a une valeur supérieure à celle de la Suisse pour l'indice d'exposition. La Suisse dépasse même la Belgique et la France. Cet indice d'exposition au harcèlement ne donne qu'une indication globale. Mais les différents types d'exposition sur lesquels les élèves ont été interrogés sont tous en hausse en Suisse.

Pour compléter: Quand la violence pousse l’école à bout

Le sentiment d'être plus souvent menacé

En 2015, environ 11% des jeunes ont déclaré que des élèves se sont moqués d’eux au moins quelques fois par mois au cours des douze derniers mois. Ce pourcentage est de 13% en 2018. En 2015, 7% des élèves indiquaient que "des élèves ont fait circuler de mauvaises rumeurs sur moi" au moins quelques fois par mois. Ils sont 11% en 2018.

Plus grave, en 2018, les jeunes se sentent plus souvent menacés. Sept pour cent des élèves disent l'avoir été "quelques fois par mois" et "au moins une fois par semaine", contre 3% en 2015. En ce qui concerne les agressions physiques ("des élèves m'ont frappé ou bousculé"), on passe de 3% en 2015 à 7% en 2018.

Les auteurs relèvent que la moyenne de l'exposition au harcèlement perçue par les élèves a augmenté dans tous les pays européens de référence entre 2015 et 2018. En dehors de la Suisse, les plus fortes augmentations ont été enregistrées en Allemagne et au Luxembourg.

Lire aussi: «Le Temps» sur les bancs d’école 


La place de la Suisse dans l'étude PISA

Les élèves suisses se distinguent comme toujours en mathématiques, selon la dernière étude PISA publiée mardi. En revanche en lecture, ils sont légèrement sous la moyenne des pays de l'OCDE. Pour les cantons et les enseignants, il y a lieu de corriger le tir.

En lecture, la Suisse obtient 484 points, soit trois points sous la moyenne des pays de l'Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). Elle pointe derrière plusieurs pays comme le Danemark, l'Allemagne ou la France. En mathématiques, le score des élèves suisses atteint 515 points pour une moyenne OCDE de 489. Ils se situent comme toujours dans le haut du classement, derrière les pays asiatiques mais aussi l'Estonie, les Pays-Bas et la Pologne. En sciences, le résultat est encore légèrement en-dessus de la moyenne de l'OCDE (489) avec 495 points. Plusieurs pays comme l'Allemagne, la Suède, la Belgique ou la République tchèque nous devance.

Principal enseignement de cette enquête: les résultats de la Suisse baissent depuis 2012, toutes disciplines confondues. L'écart avec la dernière enquête en 2018 varie de 16 points en mathématiques, 20 en sciences et 25 en lecture. L'OCDE précise toutefois que la Suisse est le pays qui a vu fortement augmenter la proportion d'élèves immigrés entre 2009 et 2018. Les résultats en lecture devraient de ce fait être corrigés d'au moins cinq points. En 2018, 34% des élèves en Suisse étaient issus de l'immigration.

Depuis 2000, l'OCDE évalue les connaissances et les compétences des jeunes de 15 ans dans le monde avec son Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA). Environ 600 000 élèves dans 79 pays ont participé au test en 2018. En Suisse, ils étaient 6000 à être testés dans plus de 200 écoles.

Publicité