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Yannick Buttet fait l'objet d'une plainte après avoir été interpellé par la police dans le jardin d'une femme. A Berne, plusieurs parlementaires décrivent ses gestes déplacés.
© Martial Trezzini / Keystone

politique

Harcèlement: plusieurs femmes dénoncent le PDC Yannick Buttet

En Valais, le conseiller national fait l'objet d'une plainte après avoir été interpellé par la police dans le jardin d'une femme. A Berne, plusieurs parlementaires décrivent ses gestes déplacés

Mercredi 29 novembre, Le Temps révélait que Yannick Buttet (VS/PDC) était visé par une plainte pénale en Valais, après avoir été interpellé dans le jardin d’une femme avec laquelle il avait entretenu une affaire extraconjugale, dans la nuit du 18 au 19 novembre. Plusieurs élues et journalistes évoquaient également dans nos pages un comportement inapproprié du conseiller national à Berne. Ce dernier a été suspendu jeudi 30 novembre au matin de la vice-présidence du Parti démocrate-chrétien suisse.

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Dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 novembre, un peu avant 2 heures du matin, une femme appelle la centrale d’engagement de la police valaisanne. Seule avec ses enfants, elle a peur de l’homme qui appuie avec insistance sur le bouton de l'interphone du bâtiment. Malgré une vingtaine de sonneries, elle refuse d'ouvrir la porte. A leur arrivée sur les lieux, les agents de la police communale de Sierre interpellent le conseiller national démocrate-chrétien Yannick Buttet, qui tente de se dissimuler dans le jardin. Selon les documents consultés par Le Temps, le politicien a reconnu les faits qui lui sont reprochés, «à demi-mot».

Lire aussi: Yannick Buttet suspendu de la vice-présidence du PDC suisse

Selon plusieurs sources concordantes, une plainte a été déposée contre l’élu. Sollicité, le Ministère Public valaisan ne confirme pas. Le procureur général Nicolas Dubuis «ne peut pas se prononcer sur d’éventuelles enquêtes en cours, en raison du secret de fonction et du secret de l’instruction». La jeune femme est elle aussi membre du PDC et elle a entretenu une relation extra-conjugale avec le conseiller national durant près de 18 mois. Depuis une année et la fin de leur aventure, Yannick Buttet l'a sollicitée, par sms, e-mail ou téléphone. Parfois jusqu’à 50 fois dans la même journée. Contactée, elle ne souhaite pas s’exprimer, pour protéger ses enfants et sa vie privée.

Retrouvez ici la chronologie: Harcèlement sexuel - l'affaire Weinstein et ses suites

Des dérapages à Berne

Interrogées sur cette affaire par Le Temps, plusieurs journalistes et politiciennes actives à Berne réagissent en décrivant d'autres actes inappropriés, et même des «pulsions sexuelles incontrôlées». Craignant pour leur carrière, toutes témoignent sous le couvert de l'anonymat. L'une d'elles explique: «Le parlement est un lieu de pouvoir, et apparaître comme une victime vous marginalise, voire vous disqualifie d'office. Parler, c'est faire une croix sur sa carrière.» Malgré tout, à la suite de l'affaire Weinstein, la parole des femmes se libère.

Il n'y a pas de marge d'interprétation, il va trop loin et il ne connaît plus de limites

Pour une parlementaire fédérale, «quand Yannick Buttet boit, il change de personnalité, il se comporte mal et il a des gestes déplacés». Une autre décrit un homme intelligent qui devient agressif sous l'emprise de la boisson: «Il n'y a pas de marge d'interprétation, il va trop loin et il ne connaît plus de limites.» Une troisième évoque des «dérapages choquants». Elle insiste: «C'est à la justice de faire son travail mais il faut savoir que ces choses-là arrivent aussi en Suisse.»

Les excuses de Yannick Buttet

Sollicité, Yannick Buttet reconnaît les faits: «Je sors d’une grave crise conjugale qui a affecté mon jugement et mon comportement. Cette crise était notamment liée à une femme. Ceci relève purement de ma sphère privée, et j'espère qu'elle sera respectée. Je prends conscience aujourd’hui qu’il m’est arrivé parfois, en soirée et sous l’effet de l’alcool, plus particulièrement dans cette période de doute, d’avoir eu des gestes inappropriés qui ont pu déranger ou heurter certaines personnes. Il s'agit néanmoins de ne pas mélanger ces comportements avec les évènements qui se sont déroulés à Sierre.»

J’adresse mes excuses à toutes les personnes que j’ai pu blesser involontairement

Dans sa déclaration, transmise par e-mail, le conseiller national bat sa coulpe: «J’adresse mes excuses à toutes les personnes que j’ai pu blesser involontairement, mon épouse et mes enfants, ma famille, les personnes concernées et toutes celles et tous ceux qui me soutiennent.»

Les contradictions du PDC valaisan

Vice-président du PDC suisse, conseiller national et président de la commune de Collombey-Muraz, le conservateur de quarante ans est pressenti pour briguer un siège au Conseil des Etats en 2019. Marié et père de deux enfants, il combat le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe et défend la famille, «comme lieu de transmission des valeurs». Ce n'est pas la première fois qu'une contradiction entre le comportement et les dogmes politiques d'un démocrate-chrétien valaisan se trouve exposée publiquement. Il y a près d'une année, Christophe Darbellay avouait la naissance d'un enfant adultérin dans la presse, en pleine campagne au gouvernement valaisan.

A lire aussi: L’infidélité de Christophe Darbellay empoisonne la campagne valaisanne

Yannick Buttet était manifestement en état d’ébriété lorsqu’il a été interpellé par la police dans la nuit du 18 au 19 novembre derniers. Il n’a pas été soumis à un éthylotest.

Dossier
L'affaire Yannick Buttet

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