Ce lundi, les élèves francophones de Bienne retrouvaient les bancs de l’école. Dès la semaine prochaine ce seront les Jurassiens, les Neuchâtelois, les Valaisans, puis les Vaudois, les Genevois et, finalement, les Fribourgeois. Tous en ordre dispersé, malgré la petitesse du pays et son enchevêtrement territorial. 

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Ces rentrées échelonnées symbolisent parfaitement le manque d’harmonisation scolaire. Elles vont de pair avec une tradition ancestrale: la conférence de presse du ministre cantonal de l’Instruction publique. Ce jeudi, c’était le tour du Valais, de Neuchâtel et du Jura.

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Si jaloux de leurs prérogatives, les cantons tiennent tous à jouer leur propre partition. Un geste symbolique fort aurait été de réunir, cette année, tous les conseillers d’Etat chargés de la formation. Du moins ceux de Suisse latine.

Pour faire face à cette crise sans précédent, des mesures similaires doivent être prises, tant pour éviter une nouvelle fermeture des écoles qu’en matière de développement des outils numériques. Certes, de ce côté-ci de la Sarine, des progrès ont été réalisés pour se concerter. Par exemple pour le port du masque par les enseignants des premiers degrés et les élèves du secondaire. Toutefois, les inégalités demeurent. Certains cantons sont plus pingres que d’autres dans la fourniture de ce fameux bout de tissu.

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Quoi qu’il en soit, l’harmonisation doit être beaucoup plus ambitieuse: les modalités d’évaluation et de promotion, actuellement différentes d’un canton à l’autre, génèrent des inégalités et des déséquilibres qui éclateront au moment où tous les élèves se retrouveront sur les bancs des mêmes hautes écoles. Une meilleure coordination est nécessaire aussi pour le développement des outils numériques. Il est inutile que chaque canton mène sa propre expérience. Même les plans d’étude peuvent être davantage harmonisés: il est incompréhensible que tous les Romands doivent atteindre les mêmes objectifs au terme de leur scolarité obligatoire, mais avec un nombre d’heures différent.

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La crise du coronavirus a renforcé la collaboration au sein de la CIIP (Conférence intercantonale de l’instruction publique de la Suisse romande et du Tessin). Mais de nombreuses barrières existent encore et les cantons doivent profiter de la crise sanitaire pour comprendre que la stratégie scolaire dépasse leur bout de terre. Après tout, les syndicats d’enseignants l’ont bien compris, eux, qui ne cessent de se rapprocher au niveau national.

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