Une campagne orchestrée de manière nationale pour des objets qui sont débattus dans les cantons: avant, peut-être, d'harmoniser l'école dans les 26 cantons, le plan HarmoS pousse les partis à l'innovation. Lundi, les centrales du PDC ainsi que les libéraux-radicaux ont dévoilé leurs arguments, tandis que le PS prépare une mobilisation du même ordre.

HarmoS prévoit notamment l'école à 4 ans, un cadre à la scolarité obligatoire ainsi que des recommandations pour la journée en continu. Le concordat est dans le viseur de l'UDC au nom de la souveraineté cantonale et de la responsabilité des parents (LT du 26.05.08).

Des référendums ont abouti à Lucerne, qui votera le 28 septembre, en Thurgovie ainsi que dans les Grisons, où l'UDC est sur ce point moins en froid avec sa centrale - quoique ce sont surtout les jeunes UDC qui ont récolté les signatures.

En face, les partis de la droite centriste veulent orchestrer une campagne uniformisée, «une démarche originale pour des objets cantonaux», relève Damien Cottier, membre du comité libéral-radical créé lundi. Ce groupe mettra un argumentaire à disposition des sections cantonales, et des parlementaires fédéraux sont prêts à en découdre avec des opposants.

Des ratés dans l'offensive

Le PDC et le PS mènent des démarches similaires. Car, selon, le conseiller national Jean-François Steiert (PS/FR), «sur le plan politique comme médiatique, l'école devient un thème national».

Les batailles auront néanmoins lieu dans les régions. Après un démarrage en fanfare il y a deux mois, l'offensive UDC a quelques ratés. Le parti annonçait que «le but avoué est que chaque canton ait son référendum». Ce ne sera pas le cas. La section valaisanne, pourtant bastion du loyaliste Oskar Freysinger, a abandonné la semaine dernière «après avoir apprécié le rapport des forces en présence», indiquait-elle.

Dans le canton de Vaud, où le Grand Conseil a accepté HarmoS le 15 avril, les agrariens se tâtent toujours, ressentant «peu d'enthousiasme», selon le conseiller national Jean-Pierre Grin. L'UDC du Jura, elle, a franchi le pas, avec tiédeur. Il reste bien sûr quelques cantons de poids, Berne et surtout Zurich, dont le parlement a voté le projet en première lecture lundi.

Devant les doutes de la base de l'UDC, les partis du centre droit et le PS fondent sur le sujet afin de maximiser les chances d'une victoire. Pour Damien Cottier, «il est prioritaire que le concordat passe dans tous les cantons». Sur le plan formel, HarmoS entrera en vigueur dès que 10 cantons l'auront ratifié.