Initiative populaire, contre-projets, l’offensive contre les salaires extravagants des grands patrons est en train de se transformer en «vrai polar», selon le mot de la conseillère nationale Susanne Leutenegger Oberholzer (PS/BL). Après l’alliance entre le leader de l’UDC Christoph Blocher et Thomas Minder, l’entrepreneur à l’origine de l’initiative contre les rémunérations abusives, c’était au tour du Parti socialiste de présenter ce mercredi sa stratégie. Une stratégie du «double oui», a expliqué son président Christian Levrat.

Le PSS va continuer à soutenir l’initiative Minder, mais va également proposer jeudi, devant la commission des affaires juridiques du Conseil national, un contre-projet direct, une modification de la Constitution. Selon le résultat des délibérations des Chambres fédérales sur ce texte et l’étendue du dispositif contre les bonus des hauts dirigeants, le PSS choisira de privilégier l’initiative ou le contre-projet en votation populaire.

«Nous jouons sur deux chevaux en même temps. Le but est de faire voter le peuple le plus rapidement possible sur une réglementation des indemnités des dirigeants de sociétés» cotées en bourse a expliqué Christian Levrat. Le contre-projet du PSS confie à l’assemblée des actionnaires le mandat de fixer les rémunérations des administrateurs et de la direction, «en fonction de la situation économique de l’entreprise». Les indemnités dépassant un million de francs ne seraient par contre pas fiscalement déductibles par l’entreprise.

Avec le soutien du PDC, qui souhaite lui aussi soumettre au peuple un contre-projet direct, le PSS va tâcher de découpler le traitement de l’initiative Minder devant le Conseil national de la révision du droit des actionnaires. «Nous voulons déjouer la tactique de l’UDC qui a peur d’une votation populaire sur l’initiative Minder et cherche à en diluer les principales revendications dans une révision du droit des actionnaires», a expliqué Suzanne Leuteneger Oberholzer.

Par contre, lors des débats en commission et au plénum et dans un deuxième temps, le PSS pourrait très bien soutenir les modifications proposées par le contre-projet indirect négocié entre Thomas Minder et Christoph Blocher. Thomas Minder avait promis de retirer son initiative populaire si les modifications législatives étaient jugées suffisantes.