«Vous dites des conneries…» (Adrian Amstutz, UDC/BE, à Arena). «Vous êtes meilleure pianiste que juriste…» (Yves Nidegger, UDC/GE, à Infrarouge). «Vous n’êtes là que depuis une semaine […], vous parlez tout le temps» (Oskar Freysinger, UDC/VS, à Infrarouge). D’emblée, l’UDC a pris Simonetta Sommaruga dans son collimateur, profitant des apparitions télévisées de la nouvelle cheffe du Département de justice et police, crispée en défendant le contre-projet à l’initiative sur le renvoi des criminels étrangers. Outre les amabilités, les ténors du parti lui ont coupé la parole souvent, grossièrement, y prenant un plaisir visible à en juger par les regards condescendants décochés à la conseillère fédérale.

La stratégie de déstabilisation se poursuit dans la Weltwoche. Simonetta Sommaruga fait-elle mine de s’insurger contre les attaques personnelles, demandant qu’on s’en tienne aux faits? C’est une «maîtresse d’école» suintant «l’amertume», voire «l’arrogance». Pire, elle «abuse de l’autorité de sa fonction en propageant des contre-vérités», ainsi quand elle affirme, contre l’avis officiel du Conseil fédéral, que l’initiative viole le droit international.

La radio romande organise-t-elle jeudi soir un débat sur le durcissement du ton face aux conseillers fédéraux? Hans Fehr (UDC/ZH) en remet une couche, reprenant les attaques de la Weltwoche. Si l’UDC critique le «style» Sommaruga, «c’est qu’elle n’a pas d’arguments». D’ail­leurs, il n’y a «pas de respect à avoir pour ceux qui ne disent pas la vérité». Et Hans Fehr d’asséner que l’initiative sur les renvois est conforme au droit international. Jusqu’à ce que le journaliste finisse par interrompre le jeu de massacre.