Les descentes de police dans les plantations de chanvre se multiplient en Suisse romande. Mercredi matin, les gendarmes et inspecteurs de la brigade des stups vaudois ont fait irruption dans un local de production, à Bex, dans le Chablais, et ont saisi six cents plants. Il s'agit de l'une des plus grosses saisies de chanvre effectuées dans le canton, du moins s'agissant de plantes cultivées à l'intérieur.

La police aurait-elle décidé de sévir dans ce domaine depuis que les Chambres fédérales ont refusé de décriminaliser la consommation de cannabis? «Non, répond Jean-Christophe Sauterel, porte-parole de la police vaudoise. Notre politique, qui consiste à réprimer production et trafic et à prévenir la consommation chez les mineurs, n'a changé en rien. Ce qui s'est passé en revanche c'est que, dans la période de doute avant une éventuelle libéralisation, producteurs et trafiquants ont voulu prendre de l'avance dans l'espoir d'inonder les marchés.» Il n'y a pas de lien entre cette nouvelle découverte vaudoise et celle du Val-de-Travers, selon la police cantonale. Ce genre d'affaires reste encore relativement ponctuel et les saisies effectuées ne représentent pas une situation alarmante, précise son porte-parole.

C'est le travail d'observation des policiers de la région – et non une quelconque dénonciation – qui a rendu possible l'intervention de Bex. Sur place, la police a arrêté un jeune «touriste» Américain de 21 ans, qui était l'ouvrier dans cette affaire. Il vivait sur place, dans des conditions précaires, l'installation agricole étant par ailleurs tout à fait performante. Les propriétaires des plants et organisateurs du trafic sont deux ressortissants suisses. L'un d'eux se trouve actuellement à l'étranger, mais l'autre, un habitant de Montreux d'origine bernoise, âgé de 26 ans, est en prison. L'an dernier, il avait été condamné à 3 mois de prison avec sursis pour avoir déjà cultivé du chanvre, également dans cette région de l'Est vaudois. Les 600 plants saisis avaient valeur marchande de 1,5 million.