Géraldine Marchand-Balet se décrit «soulagée et très heureuse». Vivement critiquée pour sa gestion des ressources humaines et des finances, la conseillère nationale conserve la présidence de Grimisuat pour 56 voix. Face aux caméras, elle commente une campagne délétère. Pour elle, «les attaques personnelles ont été très violentes» et «il a fallu beaucoup travailler pour expliquer la réalité». Elle insiste: «Cette campagne ne ressemble pas à l’identité politique et culturelle du village.»

«Pas de raison de contester cette élection»

Au pouvoir depuis huit ans la démocrate-chrétienne affrontait un dissident issu de son propre parti. Pour sa première campagne, Raphaël Vuignier obtenait 114 voix de plus que la conseillère nationale à l’issue du premier tour. Dans les médias ou face au public, les deux adversaires se sont ensuite livrés un duel hargneux et tendu. Il aura permis de mobiliser près de 77% des électeurs.

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Ces derniers jours, plus d’une centaine de citoyens se sont plaints de l’absence de bulletin portant le nom du dissident dans les matériels de vote distribué par l’administration communale. L’erreur a été corrigée alors que les électeurs avaient déjà commencé à s’exprimer par correspondance. Raphaël Vuigner avait promis de déposer un recours s’il devait s’incliner de peu. Finalement, il «accepte la défaite» et «ne voit pas de raison de contester cette élection».

A Savièse, la révolution conservatrice

Fanfare et raclettes: Sylvain Dumoulin semble aussi surpris qu’heureux. Soutenu par l’UDC, le démocrate-chrétien devient président de Savièse avec plus de 800 voix d’avance. Il met fin au monopole historique de l’Entente des libéraux-radicaux et des socialistes, au pouvoir depuis 80 ans. Pour lui, «le problème, c’était la personnalité très critiquée du président». Il promet de se montrer «plus ouvert, plus transparent et plus proche des citoyens.»

Quand Savièse s’est réveillée au matin du scrutin, des croix gammées défiguraient les affiches électorales de l’Entente. Tous les partis condamnent ces actes «déplorables», qui mettent fin à une campagne très particulière. Le président et son parti ont souffert d’une spectaculaire perquisition de police dans les bureaux de l’administration communale. Elle faisait suite à une plainte pénale déposée par des promoteurs immobiliers.

«Campagne agressive et méchante»

«Plein d’amertume», le président socialiste Michel Dubuis apparaît brièvement devant les siens, pour regretter «la tonalité d’une campagne agressive et méchante». Il laisse au président de son parti le soin de commenter la défaite face aux médias. Pour Julien Dubuis, «c’est une gifle pour le président» et «les Saviésans voulaient manifestement du changement.»

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